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Monsieur

Sir

2018

Inde / France

1h39

de Rohena Gera.

avec Tillotama Shome (Ratna), Vivek Gomber (Ashwin), Geetanjali Kulkarni (Laxmi), Ahmareen Anjum (Devika), Rahul Vohra (Haresh)...


Ratna est domestique chez Ashwin, fils d'une riche famille de Bombay. Aussi discrète qu'une ombre, elle se faufile de pièce en pièce pour faire en sorte que l'appartement soit toujours impeccable, les courses faites, le repas servi à l'heure... Toujours sur le qui-vive pour répondre aux besoins de son patron, Ratna assume son rôle avec constance. Mais elle rêve de devenir couturière et d'ouvrir sa propre boutique. Déterminée, elle économise sou après sou dans l'espoir de gagner son indépendance. Ashwin, de son côté, est un patron compréhensif. Ses études aux États-Unis lui ont ouvert l'esprit et il traite Ratna avec respect. Mais son retour à Bombay lui pèse et son mariage, qui devait être célébré en grandes pompes, vient de tomber à l'eau... Sa détresse touche Ratna : ces deux mondes qui se côtoient sans se mêler vont peu à peu se rapprocher, se découvrir, s’effleurer...

Dans la lignée de The lunchboxMonsieur est un film d'une délicatesse infinie. Si la réalisatrice y dénonce sans détour les inégalités sociales de son pays, elle privilégie la douceur des émotions et des sentiments – qui affleurent sans être prononcés – au discours militant. Grâce à l'énergie et l'obstination de son héroïne, elle emplit son film d'amour et d'espoir, dans lesquels transparaît une volonté farouche de faire bouger les lignes et de dépasser les a priori.


La petite histoire

Monsieur prend sa source dans un conflit qu'a réellement connu Rohena Gera. La cinéaste a grandi en Inde et, lorsqu'elle était enfant, avait une nourrice qui s’occupait d'elle. La ségrégation était, à ce moment, une réalité. Cette nounou faisait partie de la famille de Rohena mais, en même temps, en était exclue. Elle se rappelle :  "C’est compliqué pour une enfant car quand on est petit, on aime tout le monde. J’ai quitté ensuite le pays pour aller étudier aux États‑Unis et cette idée d’égalité m’a encore plus préoccupée à l’étranger. À l’Université, vous prenez part à des débats idéologiques et philosophiques, vous exposez vos idéaux. Mais quand vous rentrez chez vous, vous reprenez le même mode de vie car il vous est impossible de changer le fonctionnement de la société, ce qui me posait problème.

Rohena Gera a réfléchi à une histoire qui lui éviterait d’avoir un point de vue trop manichéen sur cette situation. La réalisatrice ne voulait pas faire de son héroïne une victime. "J’ai songé à une histoire d’amour pour contourner ce type d’écueil. Quand on vieillit, on a une idée de la manière dont il opère. Toutes ces réflexions se bousculaient dans ma tête. Cette histoire d’amour délicate m’a permis d’embrasser les aspects politiques et sociaux du problème et d’abolir la distance entre ces deux milieux. Plus les inégalités sociales s’estompent entre mes deux personnages, plus mon héroïne s’incarne et devient intéressante. Je voulais aussi montrer que les classes sociales aisées vivent, en Inde, dans une prison dorée en acceptant tant de contraintes", confie-t-elle.




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