Nostalgia

Une plongée dans les rues de Naples pour commencer l'année ?


Après quarante ans d’absence, Felice retourne dans sa ville natale : Naples. Il redécouvre les lieux, les codes de la ville et un passé qui le ronge. Mario Martone est un réalisateur italien important, mais moins prolifique que de célèbres compatriotes tels Marco Bellocchio ou Paolo Sorrentino. Ses œuvres s’intéressent souvent à l’histoire de l’Italie ou sont des biographies de personnalités transalpines. Bien que se déroulant de nos jours, Nostalgia (dont le titre en dit déjà long) baigne également dans cette dimension historique. Le film est construit comme un puzzle habile qui permet de cerner progressivement la psychologie de Felice, même si l’histoire possèdera jusqu’au dénouement plusieurs zones d’ombre. Et l’on retrouve dans ce film des constantes du cinéma italien (et de l’Italie en général) : la problématique douloureuse des effets de la Camorra et le souvenir toujours présent des années de plomb. Ce récit du retour au pays d’un Napolitain vaut le détour pour sa réflexion subtile sur les démons de l’Italie,  et l’interprétation nuancée d’un des meilleurs acteurs italiens, Pierfrancesco Favino.

Bande-annonce

Presse

  • Une déambulation envoûtante dans un passé trouble et une ville vénéneuse, portée par un grand acteur.

  • Le cinéaste napolitain filme sa ville avec un regard singulier, chargé d'une empathie douloureuse. Le film, majestueux comme une cérémonie secrète, est superbement campé par Pierfranscesco Favino.

  • Une ode à Naples avec un excellent Pierfrancesco Favino.


Générique

  • Réalisateur

    Mario Martone

  • Scénaristes

    Mario Martone et Ippolita Di Majo d'après le roman de Ermanno Rea

  • Durée

    1h57

  • Pays

    Italie, France

  • Date de sortie

    4 janvier 2023

  • Distributeur

    ARP Sélection


Acteurs et actrices

  • Pierfrancesco Favino → Felice Lasco

    Francesco Di Leva  → Padre Luigi Rega

    Tommaso Ragno → Oreste Spasiano

    Aurora Quattrocchi  → Teresa Lasco

    Sofia Essaïdi  → Arlette

    Nello Mascia  → Raffaele

    Emanuele Palumbo  → Felice giovane

    Artem  → Oreste giovane

    Salvatore Striano  → Gegé

    Virginia Apicella → Adele

    Daniela Ioia → Teresa giovane


Filmographie

Pour aller plus loin

Note d'intention

Ce qui est raconté dans ce film est né d’un fait divers mais je voulais aller plus loin, vers un sentiment mystérieux, à chercher durant le tournage. J’étais fasciné par l’idée de faire un film qui ne se passe pas dans une ville mais dans un quartier, comme s’il s’agissait d’un jeu d’échecs. C’est pourquoi les rues, les maisons ou les personnes qui apparaissent dans le film sont toutes du Rione Sanità, une enclave de Naples située loin de la mer. Ce quartier a tout englouti : les années si lointaines dont parle le film, le Moyen-Orient où le personnage principal était parti, les rêves, les défis et les fautes...

Entretien avec Mario Martone, réalisateur

Quelle différence y a-t-il entre être Italien et être Napolitain ? 

Être Napolitain, c’est une façon particulière d’être Italien. Notre ville est restée la même depuis la Grèce antique. Naples est une ville dans laquelle il y a une sorte d’abandon, un désenchantement qui peut subitement se retourner, se renverser, pour devenir un enchantement. À Naples, chanter, jouer, être comédien, c’est naturel. Chacun se dissimule derrière un masque, et cache ainsi la conviction profonde que le fait d’être au monde est une condition de souffrance. Prenez par exemple Totò, l’acteur comique le plus aimé d’Italie. Il est né à Naples, dans le quartier de la Sanità. Derrière son masque, il portait une profonde mélancolie...

Entretien avec Pierfrancesco Favino, acteur

Avez-vous hésité à tenir le rôle d’un Napolitain ?  

J’avais très peur. Il y a une énorme tradition d’acteurs venus du théâtre napolitain qui date de plus de cinquante ans. Cette tradition les protège, on ne peut pas se fabriquer une appartenance à cette tradition. Mais là j’incarne quelqu’un qui l’a oubliée. Alors, moi, j’ai dû l’apprendre. C’était difficile, mais cela ne m’effraie pas, c’est plutôt une joie, je trouve, de chercher.

Don Antonio Loffredo

Le prêtre qui a inspiré le personnage du Père Luigi Rega.

À la Sanità, le vieux quartier de Naples, sur les contrebas de Capodimonte, tout le monde connaît et vénère « Don Antonio ». Ce prêtre arrivé là il y a plus de vingt ans a découvert « un ghetto de pauvres, avec beaucoup de jeunes tombés dans les mains de la Camorra. Un endroit où la culture épousait la misère, abritant un patrimoine remontant jusqu’à quatre siècles avant J.-C., avec des vestiges grecs, des catacombes, des églises et presbytères. Un condensé de ce qu’est le peuple italien, de ses qualités et disgrâces. ».

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