Nos frangins

de Rachid Bouchareb

France / 2022 / 1h32

avec Reda Kateb, Lyna Khoudri, Raphaël Personnaz... 

 

 

La nuit du 5 au 6 décembre 1986, Malik Oussekine est mort à la suite d’une intervention de la police, alors que Paris était secoué par des manifestations estudiantines contre une nouvelle réforme de l’éducation. Le ministère de l’intérieur est d’autant plus enclin à étouffer cette affaire, qu’un autre français d’origine algérienne a été tué la même nuit par un officier de police.
Rachid Bouchareb (Cheb, Indigènes…) n’a pas voulu en faire trop dans la reconstitution de l’enquête qui a suivi l’évènement, mais il ponctue son récit d’images réelles dans lesquelles on voit les hommes politiques de l’époque s’engager ou refuser de prendre leurs responsabilités alors que la rue gronde. Il n’hésite pas dans ce film sobre à dénoncer une justice qu’il juge du côté des forces de l’ordre et à faire un parallèle avec les méthodes policières actuelles...
 
 

 

 

LA PRESSE 

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Le film trouve son émotion dans la distance qui sépare cette génération de sa propre jeunesse. 

 

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Le film est un beau témoignage doublé d’un hommage, comme un acte de résilience nécessaire alors que la lutte contre les violences et le racisme sont encore au coeur d’une société française fracturée. 

 

ENTRETIENS 

Entretien avec Rachid Bouchareb, réalisateur

À quel moment avez-vous eu envie de faire un film sur l’affaire Malik Oussekine, survenue en décembre 1986, et pour quelles raisons ? 

Je fais partie de la génération qui a grandi avec cette histoire. Nous l’avons tous traversée à cette époque, juste après les larges mouvements dont celui de SOS racisme fondé en 1984. Je venais de faire en 1985 mon 1er film, Bâton rouge, et ce drame est arrivé quelque temps après. Il a embrasé toute la France et a touché beaucoup de monde, des centaines et centaines de milliers de personnes. J’étais parti avec ce mouvement de SOS racisme, et l’espoir qu’on allait changer la société car on y croyait beaucoup. On a d’ailleurs fait avancer les choses. Toute la génération des étudiants de cette époque a été très touchée par ce qui s’est passé cette nuit-là. C’est très émotionnel et ça marque à jamais. A l’époque, on se demandait ce qu’allaient devenir tous ces enfants nés de l’immigration, la place qu’ils allaient avoir dans la société. Le débat de l’intégration a été posé pour la 1ère génération, la 2ème génération, la 3ème génération… On voit bien qu’entre 1985 et aujourd’hui, rien ne bouge vraiment... 

 

A DECOUVRIR 

Rappel sur l'affaire

Président de la République en 1986 : François Mitterrand
Projet de Loi Devaquet : Projet de loi visant à réformer les universités françaises (présenté par le Ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Alain Devaquet - Gouvernement Chirac) - sélection préalable des étudiants et mise en concurrence des universités.
Conséquence : Mouvement étudiant et lycéen en novembre et décembre 1986, qui a notamment causé la mort de Malik Oussekine le 6 décembre 1986.

 

Couverture médiatique de l'époque 

Dans Le Figaro Magazine, Louis Pauwels écrit que les jeunes mobilisés et manipulés, souffrent de « sida mental » :

“Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de mœurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposant l’atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore.”

François Mitterrand invité par Europe 1 se déclare « sur la même longueur d’onde qu’eux [les étudiants grévistes] » et il ajoute être agréablement étonné par leur « maturité »...