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Entretien avec Roschdy Zem, réalisateur 

 

lesmiens2Quel a été l’élément déclencheur de l’histoire de votre film, LES MIENS

L’accident arrivé à mon jeune frère. Après un choc à la tête, cet homme si gentil est devenu quelqu’un au franc-parler désinhibé et féroce. Cet événement a créé un cataclysme au sein de ma famille, qui est une famille à la fois très soudée et en proie aussi à des conflits, comme toutes les familles. Tout ce qui constitue cet accident nous a bouleversé. Quand l’un d’entre nous est touché, c’est tous les autres qui s’en trouvent affectés. 

Pourquoi faire de cette histoire réelle à caractère dramatique, également une comédie ? 

Ça s’est imposé naturellement. Une des personnes à qui j’ai raconté en premier l’évolution de mon frère, c’était Arnaud Desplechin. Il trouvait cela dramatique et drôle à la fois. Quand j’en parlais, les gens souriaient tout en étant affectés. La personnalité tout à coup sans filtre de mon frère, le bouleversement que ses réactions provoquent, sont tels que l’on passe sans cesse du drame à la comédie. On rit parfois, on est choqué souvent. On devait retrouver ces aspects dans le film à la manière de certaines comédies italiennes que je regardais enfant. Je me souviens des films d’Ettore Scola, ou de Vittorio De Sica, qui traitaient les événements dramatiques en déclenchant le sourire et le rire. Cette forme de distance pour aborder un sujet aussi instable m’a toujours captivé. 

J’ai par ailleurs beaucoup lu sur le changement de personnalité, et l’évolution du cerveau humain. C’est fascinant et parfois comique, il y a du burlesque dans les réactions nouvelles et inattendues d’un personnage qui n’est plus celui qu’on connaissait. 

Que vous a apporté votre collaboration au scénario avec Maïwenn, dont certains films autour du thème de la famille sont également très investis ? 

C’est Pascal Caucheteux qui m’a conseillé de travailler avec Maïwenn. Elle m’a permis d’écrire rapidement, de façon directe, instinctive. Jusqu’à présent pendant le processus d’écriture de mes scénarios, l’intellect prenait beaucoup le dessus, or je suis quelqu’un qui écrit naturellement avec une approche plutôt organique. Avec Maïwenn, on est tout de suite dans la chair. On théorise peu. On va à l’essentiel. J’avais l’histoire en tête. Je savais ce que j’allais raconter, sans chercher à expliquer pourquoi tel ou tel personnage fait ou dit cela… seuls les faits comptaient. Les faits sont là. Il faut les retranscrire. Maïwenn a été très éclairante, décisive là-dessus. Avant que l’on se retrouve pour travailler, elle m’a demandé de constituer pour chaque personnage une fiche personnelle, en indiquant son parcours. Comme par exemple sa profession, mais aussi son caractère, ses sentiments, ses qualités, son statut au sein de la famille, etc... Je me suis isolé, et j’ai écrit ces fiches. C’était très constructif. Tout prenait forme. D’une certaine manière tous mes personnages pourraient avoir droit à un film. Après, nous avons travaillé à constituer un ensemble avec toute cette matière, et ça a été très très fluide. Ce que j’ai aimé avec Maïwenn, c’est qu’on n’a pas cherché à être plus intelligents que nos personnages. On est resté à la même hauteur qu’eux. 

La famille de votre film est universelle et particulière à la fois. Comment avez-vous établi cet équilibre moderne, entre les détails qui n’appartiennent qu’à cette famillelà sans verser dans l’anecdote, et, cette sensation que ces personnages pourraient être aussi bien américains, italiens, algériens ou français ? 

Je me suis rendu compte de cet aspect de mon film uniquement sur la table de montage, jamais pendant les étapes d’écriture et de tournage. C’est mon regard sur ma famille. Les personnages ne sont jamais motivés ou influencés par un aspect culturel, et encore moins religieux. C’est peut-être cela qui rend mon film « moderne ». Souvent au cinéma, dès qu’un personnage est d’origine émigrée, on se sent obligé de le faire agir par le prisme sociétal ou le pittoresque. J’avais un besoin absolu que mes personnages n’agissent que par névroses. C’est la famille que je connais. Chez moi, on ne se réveille pas le matin en disant : « qu’estce que je peux faire en tant que musulman ? » Ce qui primait pour moi c’était la réalité, celle d’êtres humains qui ont des états d’âmes, avant tout. C’est extrêmement important de se situer à ce niveau-là. C’est ce qui fait que cette famille est universelle. Quand elle a une souffrance, elle est réelle, actuelle, pas liée à une quelconque obédience. Au sein de cette famille vous trouverez des situations sociales, personnelles très diverses. Il y a une star de la télé, une femme qui fait une retraite spirituelle, un autre qui est au RSA… Quand je regarde mon film, ça me fait plaisir de voir enfin une famille dont l’origine nord-africaine n’est pas le sujet. Je crois qu’on va vers ça. A chaque fois qu’on parle de ce type de famille, c’est dans la majorité des cas pour parler de religion, de place dans la société ou de voile… Il fallait que les enjeux de cette histoire dépassent ça. Les Miens, c’est une famille ordinaire et donc comme toutes les familles, son histoire est aussi paradoxalement, extraordinaire parce que particulière. C’est important de diffuser ça. On n’a rien d’exceptionnel au sens où il ne faut pas nous essentialiser. 

D’ailleurs vous ne cessez d’aborder dans votre film des thèmes universels importants comme le rapport à la vérité qui questionne aussi l’intériorité humaine. 

Tout ce que dit Moussa, ce personnage qui traverse cette période où il ne va pas très bien, est d’une certaine manière, vrai. Il dénonce tout ce qui, à ses yeux, est insupportable. Il dénonce par exemple frontalement le rapport qu’il a à ses enfants. Cette vérité, la sienne, est justifiée. Ce sont des questions qu’il aurait pu ou dû soulever auparavant. C’est violent. Ça permet d’avoir une réflexion sociétale primordiale : jusqu’où pouvons-nous aller pour dire sa vérité ? Est-ce qu’on peut tout dire ? Ne doit-on pas garder une forme d’hypocrisie pour vivre en société ? Mon héros est diagnostiqué anormal, mais est-ce que ce n’est pas nous qui sommes anormaux en apprenant à travestir la réalité, à tricher pour demeurer comme les autres ? Notre lobe frontal nous permet de vivre en société en prenant conscience qu’il faut retenir certains de nos propos, ne pas dire certaines choses que pourtant on pense. En quoi est-ce une protection ? 

Vous polarisez votre histoire au cœur de la fratrie. Là aussi c’est un sujet sociétal très important, qui se retrouve dans toutes les civilisations. Qu’est-ce qui doit nous lier forcément à un frère ou une sœur ? 

Il y a quelque chose d’éternel dans la façon dont, dans ma famille, on a été élevé entre frères et sœurs. Toutes les fratries ne sont pas les mêmes bien sûr. Pour celle du film, il y a une absence de trahison possible, une grande tolérance, quoi que l’autre ait fait, on lui viendra en aide. C’est très fort chez moi, chez nous. Dans tous les cas de figure je suis fasciné par les familles. Par exemple on ne se parle pas chez moi, la libération de la parole ça n’est pas vraiment un sujet. Et quand ça arrive, c’est assez théâtral, avec des egos très forts. 

Evoquer une fratrie, c’est revenir sur des choses essentielles comme la place de l’autre au sein de la famille, le statut qu’on lui donne. Le personnage que j’interprète est « LE frère », celui qui a réussi. Le statut que cela lui confère au sein de la fratrie, ce sont les parents qui l’ont initié. C’est intéressant à développer, à comprendre : comment il est impossible de détruire un lien dans des familles comme cela, et comment, à rebours, cette solidarité inconditionnelle entre sœurs et frères, laisse peu de place à ceux qui arrivent, aux conjoints, l’étranger. Le film soulève toutes ces questions éternelles. 

C’est aussi un film qui s’inscrit dans son époque car c’est un film de technologies. En quoi avez-vous fait de la technologie presque un personnage, un fil rouge qui modifient la narration et même provoquent du romanesque ? 

La technologie nous permet tout et peut aussi psychologiquement nous détruire. Le climax de ça dans le film est la séquence du divorce par zoom de Moussa. Il se retrouve avec des gens qu’il ne connait pas et qui mettent en place un divorce digital à 300 euros. Avec ce service dit « très accessible », on touche au paroxysme de la dématérialisation des éléments d’une vie. Aujourd’hui où que vous soyez, vous devenez virtuellement accessible. Moussa à un moment brise son téléphone portable. Désormais il faut venir à lui pour pouvoir lui parler. Le téléphone portable dans le film est un outil de frustration. Les appels aboutissent peu. Quand mon personnage utilise son portable, personne ne répond. Quand ça ne marche pas, on semble ne pas avoir d’alternative. Les autres deviennent alors « inaccessibles ». Que faire alors pour communiquer ? 

Pour la jeune génération de votre film, la technologie fait aussi d’eux des êtres de leur temps. Elle est constructive et rend égocentrique à la fois. 

Pour cette génération, ce qui peut paraître effrayant, c’est cet aspect chronophage et addictif, à quel point elle ne s’en passe plus. C’est un des constats du film, mais ce n’est certainement pas un procès, car si je pense à ma génération, nous c’était la télé qui nous rendait accro. Aujourd’hui c’est intéressant de voir comment pour le personnage du jeune Adil, la communication avec les autres, se fait davantage à travers un jeu vidéo de guerre, avec ceux qui partagent la même passion que la sienne et qu’au fond il ne connaît pas. Mais mon film n’est pas du tout contre la technologie obligatoirement présente dans nos vies. Je montre aussi comment cette même technologie est un outil de création éphémère. Grâce à son talent, le personnage de la nièce qui fait des vidéos avec des centaines de milliers de gens qui la suivent, a atteint rapidement et facilement le fameux quart d’heure de célébrité cher à Andy Warhol. Ce qui lui permet de continuer à s’exprimer. 

Le rapport entre les générations, la vôtre et celle des enfants qui sont des jeunes adultes, est aussi montré sans esquive. 

Il y a quelque chose de l’ordre de la transmission entre ces deux générations. C’est ce que je raconte à travers les séquences de déjeuners. On se retrouve tous, on échange, on apprend. Pour ma génération, il faut savoir accepter les nouveaux codes, les libertés nécessaires prises par la jeunesse. Entre nous tous, il faut trouver une harmonie. Il faut beaucoup prendre sur soi. Au final, il s’agit de se fier aux plus jeunes. Ils inspirent de l’inquiétude aux plus âgés, mais en réalité ils savent très bien où ils vont. Ce que vous avez inculqué, enseigné, est inscrit dans leur mémoire, vous leur avez donné les codes, il faut leurs faire confiance. C’est ce que je voulais que l’on sente sans avoir besoin que ce soit exprimé.

Les Miens est-il aussi un film d’amour au franc-parler quand votre personnage dit aux siens : « Je vous aime » et qu’ils répondent simplement et avec humour : « Ca se voit pas ! » ? 

J’estime être un enfant de l’amour, car j’ai été entouré de beaucoup d’amour. Ça n’a jamais été simple, mais c’est un privilège d’avoir été très aimé. Je ressens combien ça m’a aidé pour la suite notamment face au poids de la famille et au poids sociétal, celui de la vie dans un quartier dont vous devez vous échapper parce qu’il ne vous promet qu’à un avenir sombre. Cette volonté de s’échapper est un combat souvent considéré comme perdu d’avance et lorsque vous réussissez, comme un traître par ceux qui ont décidé de ne pas le tenter. C’est pour ça que pour moi il était primordial de montrer dans le film une autre jeunesse, qui est la seule à décider de ce dont elle est capable. Elle peut paraître par moments égoïste, inconséquente, mais aussi libre et surtout vivante, agissante, elle ose parler sans demander si elle a le droit. 

Sans complexe d’être au monde ? 

Ce qui m’intéressait c’était raconter l’évolution sociale de notre société, quelque chose qui a réussi, qui en a fini avec cette attitude qui consiste à s’excuser en permanence pour une certaine jeunesse des quartiers d’être là, et qui doit remercier tout le monde tout le temps. Quand on a commencé notre métier d’acteurs, il y a trente ans avec Sami Bouajila notamment, on s’excusait d’être là. Aujourd’hui la nouvelle génération de comédiens issus de la diversité n’a pas ce complexe. Elle est là parce qu’elle a le talent, les compétences, et à ce titre, elle se sent à sa place. 

La compétence est un autre thème de votre film. Tous les personnages s’interrogent plus ou moins consciemment sur leurs niveaux de compétences, et cela va au-delà de la sphère professionnelle. Ryad, votre personnage dit même à un moment que c’est une question de spiritualité, notamment quand il s’agit d’arriver correctement vêtu sur son lieu de travail. Pouvez-vous nous en dire plus ? 

Mon personnage a des exigences. Pour lui, accomplir son travail de présentateur sportif revêt un caractère spirituel au sens général du terme, il ne s’agit pas ici de parler de dogme quel qu’il soit. Ryad veut apporter un peu de profondeur à ce qu’il dit quand il s’adresse au public. Quand je réalise un film, je pars du principe que le public est intelligent, donc je dois réfléchir à ce que je dis ou écris. Exactement comme certains analystes sportifs qui livrent une vision du sport que je trouve fascinante, investie. Mon personnage au travail a une attitude qu’il veut forte. Il est solide, à sa place et refuse la médiocrité. 

Face à cette solidité que l’on peut sentir aussi dans d’autres personnages de cette famille, on voit en même temps chez tous une très grande et poignante fragilité notamment quand on découvre dans la chambre de Moussa ce mur sur lequel est inscrit : « Je suis enfin le créateur de ma vie, celle qui m’amène vers la plénitude ». En quoi votre film est-il aussi une comédie du doute ? 

Quand je suis entré dans la chambre de mon frère qui était encore en état de somnolence après son accident, il y avait cette phrase inscrite sur son mur. Mon frère avait eu besoin de suivre les préceptes d’un coach de vie. Pour lui visiblement c’était une nécessité pour se donner la chance d’obtenir la vie dont il rêvait. Même si j’ai pu dans un premier temps considérer ces phrases comme des poncifs, je restitue ma fascination pour ce mur où figurait aussi en photos les choses que mon frère n’avait pas encore obtenues, mais qu’il se donnait comme objectifs à atteindre. Cette façon de procéder est un substitut à la spiritualité. Elle montre combien l’homme est fragile, et a besoin d’être guidé, que ce soit par des livres sacrés, ou des gens considérés comme influents. Mon frère, comme mon personnage a besoin qu’on lui dise de quoi il est capable, en quoi il peut être inspiré. Il lui faut ça pour avancer face au doute et je le respecte. 

Le lien entre Moussa et Ryad est très représentatif d’une certaine vision de la vie d’une famille. Rien ne semble jamais ni se résoudre, ni se terminer, le cours des choses continue mystérieusement. Pourquoi ? 

Le simple fait qu’il y ait un rapport fraternel est une raison pour s’aimer. C’est mon frère. Point. Ce n’est pas un sujet. C’est un peu absurde. Ce n’est pas un amour qu’on accorderait comme ça, de fait, à une femme qu’on rencontrerait. C’est là où il y a quelque chose d’injuste. On n’a pas cette même exigence envers un frère. Je me sens un devoir d’amour éternel avec ma famille, on se l’est promis. Encore une fois, on a un point commun : on a été aimés très fort. On a eu cette chance. Ça nous relie beaucoup les uns aux autres, comme un pacte non formulé quoi qu’il arrive, donc oui c’est un lien mystérieux et sans fin que je voulais montrer. 

Quelque chose qui doit rester non-dit, comme la tristesse de Moussa ? 

Ce que j’aime dans sa tristesse, c’est qu’elle n’est ni ostentatoire, ni démonstrative, ni exhibitionniste. Si on ne la formule pas à un moment dans le film, on ne la soupçonnerait pas. Il y a beaucoup de dignité en cela. C’est être noble car complètement à contre-courant. Quand j’ai accompagné mon frère faire son bilan chez le médecin, et qu’il a mentionné son niveau très élevé de tristesse, ça m’a bouleversé. Il n’était pas en train de l’exposer. Il répondait simplement à une question. Sans pathos. Il y avait un côté magnanime dans cette attitude. J’étais admiratif de cet homme qui souffrait et n’avait pas à le faire subir aux autres. C’est devenu évidemment une scène importante du film. 

Votre film alterne les séquences de groupes et celles plus resserrées mettant aux prises peu de personnages entre eux, mais à chaque fois pour parler de sujets intimes. Comment avez-vous pensé votre réalisation ? 

Tout a été tourné à deux caméras, en plan séquence. Pour éviter qu’une des caméras soit dans le champ de l’autre, on reste à une certaine distance. Le hors champ par conséquent n’existe pas. J’ai demandé à mon chef opérateur, Julien Poupard de devenir dans ces séquences de groupe, aussi un peu metteur en scène. Il devait être à l’écoute de ce que nous disions pour aller chercher les réactions, les échanges. L’avantage de cette formule, est qu’elle permet de tourner de longs plans séquences, plusieurs fois. Tout le monde est impliqué en permanence, il n’y a pas de off. Ça apporte une intensité incroyable. On est tous habités, tout le temps. Les séquences duraient parfois jusqu’à quinze minutes. On arrive à créer une matière très naturelle. Chaque acteur avait sa fiche et connaissait son parcours, mais aussi celui des autres. Quand on commençait un plan séquence dans un mode d’improvisation, chacun connaissait le thème de la scène et pouvait la développer selon son caractère. A la table de montage, c’est assez fascinant de découvrir à chaque fois des surprises. On peut approfondir, étoffer le propos de manière inattendue.  

Les séquences de vos personnages au travail sont aussi vues par le prisme des émotions qui les traversent, de l’intime, plus que de la technicité professionnelle. Pour quelles raisons ? 

C’est une question que l’on s’est tout de suite posée avec Maïwenn : quel travail les personnages allaient-ils exercer ? Pour moi il était très important de trouver des métiers non archétypaux. On a tout inventé sauf le travail de Moussa qui est directeur financier, c’est effectivement le métier de mon frère. Pour les jeunes personnages, j’ai cherché ce qui était le plus probable et crédible, j’hésitais entre serveur dans un restaurant un peu à la mode et réceptionniste dans un hôtel. J’ai choisi pour le personnage d’Adil, qu’il soit serveur et qu’il ait obtenu ce travail grâce à Ryad. Ça me permettait de montrer l’influence de la notoriété de mon personnage dans sa famille, mais aussi à l’extérieur. J’aime qu’on découvre qui sont les personnages quand ils ne sont pas entre membres d’une même famille. Déterminer la nature de leur profession, leur image sociale en quelques sortes n’est pas quelque chose que je prends à la légère !

Ryad, votre personnage, ne semble rien prendre à la légère ! Pourtant le film est empreint d’une volonté de légèreté, malgré tout.

Il n’y a rien de plus sérieux que la légèreté !

Le titre Les Miens s’est-il imposé tout de suite ?

J’ai trouvé ce titre il y a seulement un mois ! Il me fait penser à l’affiche du film où l’on voit mon personnage qui est le seul à avoir le regard tourné vers Les Miens. Pour moi c’est une question de cohérence et de responsabilité, car ça n’est pas rien de raconter les siens. Ce titre est une façon de l’assumer. 

Comment votre famille a-t-elle réagi face à ce projet ?

J’ai fait lire le scénario à mon jeune frère. Je ne cherchais pas son approbation, je voulais qu’il soit informé, je le savais encore très affecté. Je ne voulais pas avoir le sentiment de le trahir. Il a lu, et ne m’a rien interdit. La chose était entendue. Pour le reste de mes proches, ils ont découvert le film très récemment. C’était pour eux un moment assez magique quand ils ont compris qu’ils étaient l’objet d’un film. Je ne suis pas un enfant du sérail, rien ne me prédisposait à intégrer le milieu du cinéma. Pour ma famille, se voir représentée à travers un film c’est à la fois flatteur et perturbant. Ils ont finalement ressenti ça comme un hommage car je n’ai pas de compte à régler avec eux. J’ai senti de la fierté, mais j’ai eu quand même très peur pendant plus d’un an qu’a duré le montage, qu’ils soient perturbés, parce que je révélais beaucoup de choses personnelles qui leurs appartenaient.

Et finalement ?

A l’arrivée, il y a quelque chose d’assez beau à créer une œuvre qui est de l’ordre du souvenir. Je n’ai jamais été, je crois, aussi sincère dans mon travail, ni aussi engagé. C’était assez grisant mais très effrayant, comme un saut dans le vide. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. C’est un moteur. C’était très organique. Ça fait un bien fou.

 

(Dossier de presse)

 

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