Annie Colère

de Blandine Lenoir

France / 2022 / 2h00

avec Laure Calamy, Zita Hanrot, India Hair... 

 

 

Au milieu des années 70 dans un petit village français, Annie, ouvrière et déjà mère de deux enfants, se retrouve accidentellement enceinte. Cette nouvelle naissance, Annie n’en veut pas. Elle se joint timidement à une réunion secrète, dans l'arrière salle d'une librairie. Elle rencontre  alors le MLAC, Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception : des bénévoles, médecins et féministes, ont fait le choix de la désobéissance civile en pratiquant des avortements partout en France, sans se cacher mais en toute illégalité. Fondé sur le partage des savoirs médicaux et l’aide concrète aux femmes, le MLAC et ses militant.e.s vont donner à Annie un nouveau sens à sa vie...
À la fois réaliste et d’une bienveillance bouleversante, Annie Colère rend hommage à ces activistes de terrains, mobilisé.e.s corps et âmes aux côtés des femmes pour leur permettre d'avorter sans risques, jusqu’à l’apparition de la loi Veil en 1975 : un film en forme de rappel historique essentiel, aussi réconfortant que revigorant ! 
 

Filmographie : "Pour de vrai" ; "Il était une foi" ; "Zouzou" ; "Aurore"...

 

 

 

LA PRESSE 

 

ENTRETIENS 

Entretien avec Blandine Leonoir, réalisatrice

Comment sont nées l’idée et l’envie de ce film ?

Il y a une dizaine d’années, quand j’ai découvert l’existence du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception), ma première réaction a été « mais pourquoi je n’en ai jamais entendu parler avant ? ». Le MLAC a contribué de manière décisive au changement de la loi sur l’avortement, mais il a été invisibilisé... 

 

A DECOUVRIR 

Présentation du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception)

Dans les années 70, les principales méthodes de contraception restent le retrait et Ogino (période d’abstinence sexuelle pendant la période de fécondité de la femme) ; des centaines de femmes meurent chaque année des suites d’avortements clandestins. Indigné·es, des médecins militant·es et des féministes fondent en 1973 le MLAC, qui réclame la diffusion d’une information sexuelle, la liberté de la contraception et de l’avortement. Ils et elles font le choix de la désobéissance civile de masse, en bafouant ouvertement la loi. Ainsi pendant près de 18 mois dans de nombreuses villes de France, leurs bénévoles pratiquent des avortements grâce à la méthode Karman. Cette méthode consiste à aspirer le contenu de l’utérus à l’aide d’une canule : c’est indolore, peu coûteux, très simple à appliquer et à enseigner. L’association organise aussi des voyages pour avorter à l’étranger pour celles qui ont dépassé 8 semaines de grossesse. Face à l’ampleur du mouvement, le gouvernement n’a d’autre choix que de faire voter la loi pour la légalisation de l’avortement en 1975.

 

Repères

•1920 : Pour repeupler la France, la loi interdit l’avortement et la contraception

•1967 : La loi Neuwirth autorise la vente de contraceptifs (appliquée réellement en 1972)

•Avril 1971 : Manifeste des 343 femmes déclarant avoir avorté, dans Le Nouvel Observateur

•Automne 1972 : Procès de Bobigny où l’avocate Gisèle Halimi défendit 5 femmes jugées pour avortement, et gagna une victoire importante dans la lutte pour la dépénalisation de l’IVG

•Février 1973 : Manifeste des 331 médecins déclarant utiliser la méthode Karman, dans Le Nouvel Observateur

•Avril 1973 : Création du MLAC

•1974 : Présentation de la loi légalisant l’avortement, adoptée par l’assemblée nationale (284 voix pour, 189 contre). 30 heures de débat retransmis à la TV. La loi Veil est promulguée en 1975, pour une période probatoire de 5 ans

•1982 : L’avortement est remboursé par la sécurité sociale

•1993 : Loi Neiertz : création du délit d’entrave à l’IVG. Il est désormais interdit d’essayer de dissuader une femme d’avorter ou un médecin de pratiquer un avortement.

•2014 : Suppression dans la loi de la disposition jugée obsolète qui conditionne l’avortement au fait que « la femme enceinte soit dans une situation de détresse dû à son état »

•2022 : L’IVG médicamenteuse possible jusqu’à 9 semaines à domicile et en téléconsultation. Le délai passe de 12 à 14 semaines de grossesse pour l’avortement chirurgical