Aucun ours

de Jafar Panahi

Iran / 2022 / 1h47

avec Jafar Panahi, Mina Kavani, Vahid Mobasheri.. 

 

 

Dans un village iranien proche de la frontière, un metteur en scène est témoin d’une histoire d’amour tandis qu’il en filme une autre. La tradition et la politique auront-elles raison des deux ?
Le film est la mise en abyme d’un créateur enfermé dans son propre pays, pour mieux dénoncer l’oppression.
 
 

 

 

LA PRESSE 

 

ENTRETIENS 

Lettre ouverte de Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof à la Mostra de Venise

En détention depuis le 11 juillet, Jafar Panahi a adressé une lettre ouverte aux organisateurs du Festival de Venise où « Aucun Ours » était sélectionné en compétition de la 79ème édition.
Il co-signe cette déclaration avec son confrère Mohammad Rasoulof, lui aussi détenu depuis le 8 juillet.

« Nous sommes des cinéastes. Nous faisons partie du cinéma indépendant iranien. Pour nous, vivre c'est créer. Nous créons des œuvres qui ne sont pas des commandes, c'est pourquoi ceux qui sont au pouvoir nous voient comme des criminels. Le cinéma indépendant reflète son époque. Il s'inspire de la société. Et il ne peut y être indifférent. L'histoire du cinéma iranien témoigne de la présence constante et active de réalisateurs indépendants qui ont lutté pour repousser la censure et garantir la survie de cet art. Pendant que certains se voient interdire de tourner des films, d'autres sont contraints à l'exil ou réduits à l'isolement. Et pourtant, l'espoir de créer à nouveau est notre raison d'être. Peu importe où, quand et dans quelles circonstances, un cinéaste indépendant crée ou pense à la création. Nous sommes des cinéastes indépendants ».
Dans une tribune intitulée « Libérez Jafar ! », publiée le 9 septembre, le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, s'inquiète de son sort et craint une dure punition : « Le régime s'est toujours opposé à lui de manière agressive et nous avons tous peur de ce qui va lui arriver », écrit-il. Une manifestation de soutien s'est tenue sur le tapis rouge, juste avant la projection officielle du film salué par une salve d'applaudissements autant destinée à l’œuvre qu’à son auteur.

 

A DECOUVRIR 

Jafar Panahi et le pouvoir

Jafar Panahi a été arrêté, en 2010 pour « propagande contre le régime », après avoir soutenu le mouvement de protestation de 2009 contre la réélection de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République islamique. 

Détenu pendant deux mois en 2010, il a été condamné à six ans de prison et vingt ans d’interdiction de réaliser ou d’écrire des films, de voyager ou même de s’exprimer dans les médias.
Depuis, il vivait sous un régime de liberté conditionnelle qui pouvait être révoqué à tout instant. Il continuait cependant à travailler et vivre en Iran. 

Le vendredi 8 juillet 2022, le cinéaste Mohammad Rasoulof et son collègue Mostafa Al-Ahmad sont arrêtés à leur domicile à Téhéran et incarcérés pour « incitation à la haine » dans la prison iranienne d’Evin, sous le contrôle du VAJA, le Ministère du Renseignement de la république islamique d’Iran. La raison invoquée est le lancement quelques jours plus tôt d’un appel sur les réseaux sociaux, signé par eux, puis ensuite par soixante-dix personnalités du milieu du cinéma iranien, qui demandait aux forces de l’ordre d’arrêter de menacer les civils avec leurs armes à feu pendant qu’ils manifestaient, comme l’indique le hashtag #putyourgundown.
Le lundi 11 juillet, tenant à s’élever contre cette nouvelle violente répression à l’encontre des artistes, Jafar Panahi vient manifester devant la prison d’Evin, pour exiger leur libération. Il est aussitôt interpellé, arrêté, et enfermé à la prison d’Evin pour y purger la peine de six ans à laquelle il avait été condamné en 2010.