La (très) grande évasion

de Yannick Kergoat

France / 2022 / 1h54

 

 

Alors que même le FMI préconise de rétablir pour lutter contre les inégalités une progressivité plus grande de l’impôt sur les revenus les plus élevés, il est frappant de voir que c’est l’inverse qui se met en place depuis des années… Les personnes et les entreprises les plus riches ont de moins en moins de scrupules et de plus en plus de moyens à leur disposition pour échapper à l’impôt. Chacun alimente ainsi, sans aucun sentiment de culpabilité, la ruine progressive des mécanismes de redistribution. Comme le remarque pudiquement l’OCDE, « il semblerait que ces politiques de redistribution se révèlent difficiles à mettre en œuvre politiquement car les personnes les plus riches sont celles qui ont tendance à avoir le plus d’influence politique, à travers le lobbying, l’accès aux – devenu « contrôle des » – médias, et un plus grand engagement politique ». Le citoyen lambda, armé de son pauvre bulletin de vote et de son déclinant pouvoir d’achat, se sent totalement impuissant à enrayer cela. Il y a de quoi en pleurer. Nous proposons d’en expliquer les mécanismes, de dévoiler les discours de façade, de démontrer comment l’évasion fiscale n’est pas un défaut du système néolibéral dont on pourrait s’accommoder, mais bien l’un de ses rouages essentiels qui accélèrent la croissance des inégalités... …et aussi d’en rire (jaune, parfois).
 

Filmographie : "Les Nouveaux chiens de garde"

 

 

 

LA PRESSE 

 

ENTRETIENS 

Entretien avec Yannick Kergoat, réalisateur

Qu’est-ce qui a motivé le projet de La (très) grande évasion ? L’accumulation de cas d’évasion fiscale ou l’envie d’une pédagogie sur ce sujet ?

C’est une idée que l’on a eue à trois : Bertrand Faivre, le producteur, Denis Robert et moi. Au cours de nos discussions, le sujet de l’évasion fiscale s’est imposé très rapidement. C’est une question qui nous concerne tous et qui est centrale dans le monde d’aujourd’hui, notamment quand on veut traiter des injustices sociales et économiques. Sur la forme, nous avions envie de faire un film dans le même esprit que Les Nouveaux chiens de garde : il était important d’approcher un sujet éminemment politique avec une certaine liberté de ton, et surtout de l’humour...