Les Harkis

de Philippe Faucon

France, Belgique / 2022 / 1h22

avec Théo Cholbi, Mohamed El Amine Mouffok, Pierre Lottin...  

 

 

Fin des années 50, début des années 60, la guerre d’Algérie se prolonge. Salah, Kaddour et d’autres jeunes Algériens sans ressources rejoignent l’armée française, en tant que harkis. À leur tête, le lieutenant Pascal. L'issue du conflit laisse prévoir l'indépendance prochaine de l'Algérie. Le sort des harkis paraît très incertain. Pascal s’oppose à sa hiérarchie pour obtenir le rapatriement en France de tous les hommes de son unité. Suivant la traversée du petit escadron de soldats dans les montagnes algériennes, aplat uni au ton ocre et décor quasi- unique, ce huis clos à ciel ouvert, étalé sur plusieurs années, est rythmé par l’affichage de cartons journaliers venant signifier la progression lente de la troupe. Pour la troisième fois en vitrine de la Quinzaine des Réalisateurs (Cannes 2022) après Fatima (2015) et Amin en (2018), Philippe Faucon, dans ce dernier film, passe à la loupe de sa parfaite et humble maîtrise de l’épure cinématographique la cruelle page d’Histoire des soldats locaux engagés du côté français pendant la guerre d’Algérie. Un film choral, où chaque personnage existe individuellement et collectivement, empreint indéniablement d’une véritable et profonde intelligence sensible du monde, connaissance et justesse des rapports humains.
 

 

 

LA PRESSE 

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Philippe Faucon affronte avec humilité et réalisme la violence de l'ère coloniale, ses zones d'ombre et ses non-dits. 

 

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Par ses plans fixes que le montage implacable transforme en tragédie, par le subtil croisement des points de vue qui interdit l'opinion péremptoire, par la probe représentation de la torture, Les Harkis est un film décisif. Un film d'où s'élèvent les voix de l'Histoire, les blessures de la mémoire, le paradoxe des survivances, pour toucher au sublime de la vérité.

 

ENTRETIENS 

Entretien avec Philippe Faucon, réalisateur

Plus de quinze ans après La Trahison, vous revenez sur « les événements d’Algérie » pour reprendre l’expression du gouvernement français de l’époque. Quelles raisons personnelles et/ou artistiques ont motivé ce film ? 

Je suis né pendant la guerre. Comme beaucoup d’autres de ma génération, nés de parents qui l’ont vécue et en ont été profondément marqués, nous avons hérité de quelque chose qui s’est transmis sans toujours avoir été exprimé. Nous avons ensuite grandi et rencontré d’autres jeunes de nos âges, héritiers eux aussi de quelque chose de très à vif et très antagoniste autour de la mémoire de la guerre, que ce soient les enfants d’anciens harkis ou ceux marqués par les souffrances subies pour la cause de l’indépendance de l’Algérie...