La maman et la putain

de Jean Eustache

France / 1973 / 3h40

avec Bernadette Lafont, Jean-Pierre Léaud, Françoise Lebrun...  

 

 

Alexandre, jeune oisif, vit avec (et aux crochets de) Marie, boutiquière sensiblement plus âgée que lui. Il aime encore Gilberte, étudiante qui refuse la demande en mariage qu’il lui fait en forme d’expiation. Il accoste, alors qu’elle quitte une terrasse, Veronika, interne à Laennec. « Je me laisse facilement aborder, comme vous avez pu le constater (…) Je peux coucher avec n’importe qui, ça n’a pas d’importance. » Marie accepte, quoique difficilement, de partager son homme avec elle. Coup de tonnerre du Festival de Cannes 1973, La Maman et la Putain est d’abord apparu comme emblématique du cinéma post-68, abordant sur un ton délibérément provocateur les thèmes du moment : liberté sexuelle, émancipation des femmes, crise de l’autorité masculine… Un film radical, fleuve et très personnel qui inscrit son réalisateur dans l’histoire du cinéma. Un monument qui happe le spectateur par son flot de vérités, et de grandes impressions existentielles. Le redécouvrir en salle en 2022, est un grand événement, pour les amoureux de cinéma que nous sommes et que vous êtes.
 
 

 

 

LA PRESSE 

 

ENTRETIENS 

Note d'intention de Jean Eustache

Avant de tourner ce film, j’étais dans une passe difficile. Tout le monde aimait bien mes films. J’avais de très bonnes critiques, et aucun de mes films n’était déficitaire. Mais personne ne voulait me donner d’argent pour en produire un nouveau. Les seuls qui m’avaient donné de l’argent, jusqu’ici, c’étaient Godard, en fin de tournage, et l’ORTF, après maintes palabres, parce que c’étaient des documentaires, donc apparemment sans problèmes. Cette situation contradictoire me mettait en rage. Et c’est cette rage qui m’a permis d’écrire les dialogues de La Maman et la Putain. Des dialogues, ou plutôt des monologues sans découpage, qui s’amoncelaient chaque jour pour former la base d’un film colossal de cinq ou six heures...