Nomadland

de Chloé Zhao

Etats-Unis / Etats-Unis / 1h48

avec Frances McDormand, David Strathairn, Gay DeForest...

 

 

L’effondrement économique de la cité ouvrière du Nevada où elle vivait avec son défunt mari a poussé Fern sur les routes. D'un petit boulot à l'autre, elle sillonne les États-Unis à bord de sa camionnette, devenue sa seule résidence. Elle rencontre sur son chemin celles et ceux qui, comme elle, ont tout laissé derrière eux pour mener une vie nomade...
Chloé Zhao nous avait durablement impressionnés avec ses deux premiers films, Les chansons que mes frères m'ont apprises et The rider. Fruits d'une immersion au long cours au cœur d'une réserve du Dakota du Sud, ils brouillaient les frontières entre fiction et documentaire et posaient un regard singulier, empli de tendresse, sur ce qu'on appelle l'Amérique profonde. Nous attendions donc Nomadland avec impatience – et une légère appréhension : celle que le renouvellement nécessaire éclipse ce que nous avions tant aimé dans les précédents opus de la jeune réalisatrice. Heureusement, renouveau ne signifie pas forcément trahison : Chloé Zhao continue de creuser son sillon d'un cinéma profondément ancré dans la réalité. Si elle met en scène pour la première fois deux acteurs reconnus – dont la fabuleuse Frances McDormand, également productrice du film – elle les entoure de comédiens non-professionnels qui jouent leurs propres rôles. À leurs côtés, Nomadland nous entraîne dans un voyage à travers les États-Unis, au cœur d'une communauté insolite : celle des « hobos », des laissés pour compte devenus nomades par la force des choses mais qui ne peuvent plus imaginer revenir à une existence sédentaire. Chloé Zhao capture l'âpreté d'un quotidien laborieux ponctué d'instants de grâce et trouve le juste équilibre entre rudesse et lyrisme. Elle insuffle de la poésie dans ces fragments de vie brute et s'attache autant aux petits riens qu'aux belles rencontres : son cinéma prend ainsi une ampleur bouleversante.