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Système K

2019

France

1h34

de Renaud Barret.

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"Système K." comme Kinshasa. Au milieu de l’indescriptible chaos social et politique, une scène contemporaine bouillonnante crée à partir de rien, crie sa colère et rêve de reconnaissance.
Malgré le harcèlement  des autorités et les difficultés personnelles des artistes, le mouvement envahit la rue et plus rien ne l’arrêtera ! 

En 2010, on découvrait avec enthousiasme Benda Bilili, un épatant documentaire de Renaud Barret et Florent de La Tullaye. Le film montrait une bande de joyeux paralytiques, musiciens des rues dans la ville tentaculaire de Kinshasa. Renaud Barret, durablement fasciné par la vitalité de cette ville, nous plonge cette fois-ci au cœur de la scène hétéroclite des performeurs et plasticiens de rue qui questionnent tous les maux de leur pays, avec un espoir plus que ténu de pouvoir un jour vivre de leur art. 

Et vous allez tomber en amour avec ces personnages : Freddy Tsimba, qui réalise des sculptures gigantesques avec les douilles et machettes qui ont massacré ses compatriotes, Béni Baras, SDF métis congolo-belge qui crée des œuvres à partir de déchets en attendant de prouver sa nationalité belge, ou Géraldine Tobe, qui revient dans ses peintures sur le traumatisme de l'exorcisme qu'elle a subi enfant. Avec un talent et un courage magnifiques, ils dénoncent le pillage de leur pays, la corruption de la classe dirigeante, les guerres fratricides… Leur infatigable subversion force l'admiration et donne une bonne dose d'espoir en l'humanité.


La petite histoire

 Renaud Barret a mis cinq ans à faire ce film. "Je ne savais pas vraiment au début ce que je voulais faire. C’était plutôt des sensations, l’envie d’un trip circulaire dans la scène des arts visuels de Kinshasa. Je voulais que ce soit quelque chose de symbolique, une forme de manifeste de l’urgence. J’ai commencé à regarder du côté des outsiders, des gens qui traînaient aux Beaux-Arts sans être inscrits, mais qui dormaient là, qui faisaient leurs petites histoires. Il y avait aussi tous ces créateurs ambulants dans la ville, des gens dont tu ne sais pas à la fin s’ils sont artistes ou fous. J’étais moi-même dans une quête de sens à ce moment-là. Et puis je rencontre Béni, qui vivait comme un squatteur aux Beaux-Arts. Un jour il me dit : « Moi si je ne faisais pas de l’art, je serais mort ». C’était un gamin sdf, métis, ghetto, qui avait survécu à toutes les humiliations. Et là, j’ai compris qu’il fallait faire ce film."

Une large partie de la scène que l’on aperçoit dans le film, Renaud Barret l'a rencontrée par une imprégnation lente dans la folie de Kinshasa. "C’est une scène assez atomisée, chacun mène ses expériences. Moi, je me suis d’abord intéressé à la musique. Quand j’allais d’un endroit à un autre, je voyais sans cesse ces artistes en train de fabriquer des choses. Mais ce qui a déclenché mon envie de faire ce film, c’est ma rencontre avec ce jeune artiste, Béni Baras, qui était en train de brûler du plastique. Ce n’était pas la plus belle chose que j’avais vue de ma vie, mais il avait une incroyable motivation dans son geste, un désir de vie dans une situation très limite, entre la vie et la mort."




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