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Chanson douce

2019

France

1h40

de Lucie Borleteau.

avec Leïla Bekhti (Myriam), Karin Viard (Louise), Antoine Reinartz (Paul), Martine Chevallier...

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Paul et Myriam sont les parents de Mila et Adam. Lorsque Myriam décide de reprendre son activité d’avocate, ils se mettent naturellement à la recherche d’une nounou. Leur exigence se trouve enfin satisfaite lorsqu’ils croisent la route de Louise. Cinquantenaire expérimentée, redoutablement efficace avec les enfants, elle décline au quotidien toutes ses qualités de maîtresse de maison, de clown, de professeure et de cuisinière. Elle s’impose assez vite au sein de cette famille moderne dont les parents, accaparés par leur travail et perclus de bonnes manières, ne voient pas venir la bascule inquiétante qui va lentement s’opérer chez la nounou.

Peu importe que vous ayez lu – ou pas – le roman de Leïla Slimani, lauréat du Prix Goncourt 2016. Fort heureusement, le film ne saurait être résumé à son histoire. Construit comme un thriller, la tension monte doucement jusqu’à devenir réellement palpable et l’angoisse surgit là où on ne l’attend pas. Comme avec Ariane Labed dans Fidelio, l'odyssée d'Alice, son précédent film, la réalisatrice Lucie Borleteau s’appuie sur une actrice magnétique. Dans Chanson douce, le génie dramatique de Karin Viard trouve largement à s’exprimer dans le rôle de cette nounou borderline, notamment lors d'un gros plan remarquable dans lequel une lueur de folie succède brutalement à la tendresse dans son regard bleu azur. Son interprétation virtuose d’un personnage dérangeant fait froid dans le dos et contraste particulièrement avec la « normalité » de cette sympathique famille dont elle devient si proche. Glaçant.


La petite histoire

 Ce qui a intéressé Lucie Borleteau, dans le roman, provient du fait que Leïla Slimani ne condamne pas plus cette criminelle que les parents. Elle précise : "J'y ai donc vu une peinture très cruelle de la société actuelle, qui dévore ses propres enfants. Le roman pose cette question : comment se fait-il qu’un tel crime soit rendu possible dans notre société ? Le monstre n’est pas Louise et sa folie, mais une chose aux contours flous qui nous renvoie à nos propres actes. J’ai été marquée par le caractère très réaliste, la précision quasi documentaire de cette histoire et par ce qui la relie au conte dans le même temps, avec sa part atroce. J’ai aimé qu’aucune morale ne s’en dégage."