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Bacura

2019

Brésil / France

2h10

de Juliano Dornelles etKleber Mendonça Filho.

avec Barbara Colen (Teresa), Thomas Aquino (Pacote / Acácio), Silvero Pereira (Lunga), Thardelly Lima (Tony Jr.), Rubens Santos (Erivaldo), Wilson Rabelo (Plinio), Carlos Francisco (Damiano), Luciana Souza (Isa), Karine Teles (Forasteira), Antonio Saboia (Forasteiro)...


Dans un futur proche… Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita, éteinte à l’âge de 94 ans. Quelques jours plus tard, quelque chose se dérègle : les habitants remarquent que le village a disparu de la carte. Avec son médecin de quartier, ses prostituées et son petit magasin de proximité, Bacurau nous est présenté comme un microcosme élégiaque, sensuel, baroque et bariolé. Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles (chef décorateur sur Aquarius), parviennent à créer une ambiance fantastique aux airs de Western et de film d’aventure tout en radiographiant le Brésil d’aujourd’hui. À aucun moment Bacurau n'exclut le discours politique. Bien au contraire. Dans cette petite région se dessine un paisible mais miséreux quotidien : le Brésil des oubliés, celui qui est abusé, pauvre et instrumentalisé. Cette ode à la solidarité et à la construction communautaire tient de l'acte de résistance contre ce que pourrait devenir le Nordeste sous Jair Bolsonaro, une féroce cartouche directement adressée à la politique du gouvernement actuel. Aucun doute, le troisième film de l’auteur brésilien promet de faire du bruit… Prix du Jury (Ex-aequo) - Cannes 2019

"Un film réjouissant qui ressemble à une rencontre entre John Carpenter et Glauber Rocha." Cahiers du Cinéma


La petite histoire

 Bacurau est co-réalisé par Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles. Il s'agit de la première réalisation de ce dernier qui a été chef décorateur sur les deux premiers longs métrages de Mendonça Filho, Les Bruits de Recife et Aquarius
Les deux hommes ont eu l'idée de Bacurau en 2009, lors de la présentation du court métrage Recife Frio au Festival de Brasilia. En observant les disparités sociales au Brésil, les deux hommes ont eu envie de dépeindre une catégorie de la population méprisée qui se vengerait de ses oppresseurs. "Nous avons commencé à parler de l’idée d’un film qui se passerait dans un petit village isolé du Sertão, avec une seule rue, et des personnages nonurbains et formidables", se souvient Mendonça Filho. Il poursuit : "Puis sont arrivés les ovnis, l’idée que le village tire le meilleur parti de très peu de ressources, une atmosphère de western, une certaine douceur propre à cet endroit particulier, mais aussi de la violence graphique, et l’idée de tourner en format panoramique Panavision".

Bacurau se déroule dans un futur proche tout en mêlant l’archaïque et l’hypermoderne. "L’effet spécial le moins cher de tout le film est la phrase « dans quelques années » au tout début. Cela donne le ton en renvoyant au futur, de manière que le spectateur est à la recherche d’artefacts futuristes dans l’image. Il y en a quelques uns, mais très peu", explique Kleber Mendonça Filho. L'équipe a filmé le Nordeste (zone géographique du Brésil au climat semi-aride dont le nom renvoie à l’idée d’arrière-pays, de zone éloignée et inhabitée) tel qu'il était, en le retouchant à peine : "Aujourd’hui, on y trouve des vêtements et des technologies de masse chinois, des couleurs, une architecture et un accès à l’eau ou à l’internet qui font que cette région échappe à son image traditionnelle et aux clichés vehiculés par certains films et feuilletons télévisés. C’est très agréable de pouvoir montrer cette version moderne du Nordeste [...]".