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Comprame un revolver

2018

Mexique

1h24

de Julio Hernández Cordón.

avec Ángel Rafael Yanez (Rafa), Wallace Pereyda (Tom), Ángel Leonel Corral (Ángel), Fabiana Hernandez (Sawyer), Matilde Hernandez (Huck), Rogelio Sosa (Rogelio), Mariano Sosa (Hombre Segundo Retén), Sostenes Rojas (Capo), Francisco García NavarroSergio Armando Campa Barreto...

Interdit - 12 ans


Dans un Mexique apocalyptique, une jeune fille prénommée Huck aide son père à maintenir en état un terrain de base-ball abandonné. Pour la protéger – particulièrement quand des groupes de narcotrafiquants s’y réunissent –, ce dernier lui fait porter un masque et l’habille comme un garçon afin de cacher sa féminité. En effet, dans ce coin perdu et soumis à la violence, les femmes sont régulièrement enlevées. Au cœur de ce paysage désolé et poussiéreux, Huck reste une enfant qui joue à la guerre avec ses compagnons d’infortune, une bande de gamins comme elle livrés à eux-mêmes. Un soir, son père est appelé pour jouer avec son orchestre dans une fête organisée dans le désert par un baron de la drogue. Il n’a d’autre choix que d’amener sa fille avec lui... 

Quelque part entre Mad MaxPeter Pan et Les aventures de Huckleberry Finn – auquel le prénom Huck fait référence –, Cómprame un revólver est une fable cruelle et sombre sur l’enfance. Si Julio Hernández Cordón privilégie l’imaginaire des contes et les fulgurances oniriques, il n’en parle pas moins du Mexique. Son film est-il une dystopie ? Ou n’est-il qu’une vision exacerbée de la situation actuelle ? Toujours est-il qu’à travers une histoire baignée de symboles, le cinéaste livre un portrait glaçant de la réalité mexicaine, un pays où la drogue fait sa loi et dans lequel on peut disparaître du jour au lendemain. Mais il sait aussi illuminer son récit de la puissance d’un regard enfantin et de l’amour indéfectible qui unit un père à sa fille, et réciproquement.


La petite histoire

 Cómprame un Revólver est né de l’idée de faire un film-hommage à ce qui a nourri l'imagination de Julio Hernández Cordón quand il était enfant : Huckleberry Finn, Mad Max, Sa majesté des mouches, le baseball, Peter Pan, les paysages de désolation et les films de criminels. Le metteur en scène explique : 
"
À l’origine, je pensais à une adaptation d’Huckleberry Finn, située dans un futur apocalyptique aux décors minimalistes. Et puis quelqu’un m’a suggéré que le personnage central soit une petite fille. J’ai pensé à mes filles, et j’ai voulu leur écrire une histoire, la lettre d’un père qui se sait imparfait mais empli d’un amour profond pour elles. Et le seul héritage qu’il peut leur offrir, est celui de la survie. Cómprame un Revólver est une histoire d’amour, de paternité dans un espace sans règle. Le royaume de la loi du plus fort, où rien n’a d’importance si ce n’est tromper la mort. Cette histoire parle de ce Mexique conflictuel et sauvage, où les institutions sont invisibles et où la vie des gens dépend de l’humeur des criminels. La forme du film repose sur l’improvisation, du tournage jusqu’aux dialogues. Il n’y a pas eu de répétition et la plupart des acteurs ne sont pas des professionnels."

Pour Julio Hernández Cordón, Cómprame un Revólver c’est le Mexique, où les violences faites aux femmes et aux jeunes sont inouïes. Une violence qui n’est pas motivée par des fins politiques, mais économiques. Le réalisateur précise : "Cela a pour conséquence que nous tous, qui vivons au Mexique, sommes dans une fragilité permanente. C’est une guerre dont le motif est l’appât du gain. Le film est une histoire sur ce que signifie être fragile et comment les actes de survie, s’apparentent à des instincts animaux. Je ne sais pas si c’est une fable. Peut-être."