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L'enfance d'un maître

2018

France

1h17

de Jeanne Mascolo de Filippis et Bruno Vienne.


Ce film documentaire raconte l’extraordinaire destin d’un jeune maître tibétain d’aujourd’hui Kalou Rinpoché. Né en 1990 à Darjeeling en Inde, il est ce qu’on appelle un Tulkou, la jeune réincarnation reconnue par le Dalaï-lama d‘un grand maître tibétain décédé en 1989, et dont il porte désormais le nom.
Filmé dès l’âge de ses 18 mois, voici le parcours inédit d’un futur maître spirituel, un témoignage des 25 premières années de sa vie, avec ses questions, ses doutes et son cheminement, entre tradition et modernité.


La petite histoire

 Tout a commencé par un film sur l’histoire de l’intronisation d’un enfant lama tibétain pour Faut pas rêver, sur France 3. Kalou avait alors 2 ans. Il allait être reconnu par le Dalaï-Lama comme étant la réincarnation d’un grand maître tibétain disparu mais toujours vénéré. Jeanne Mascolo de Filippis et Bruno Vienne se souviennent encore de leur réflexion ce jour-là : qu’allait être le destin de cet enfant ? Savait-il ce qui l’attendait ? Comment allait-il porter un tel héritage ? Qu’est-ce qu’une réincarnation, un dieu vivant ? Ils se rappellent : 
"Nous avions déjà tissé des liens avec la famille de Kalou et cette affinité nous a permis de prendre cette décision et de succomber à l’envie de suivre cet enfant. Nous nous intéressions au bouddhisme et à ses valeurs existentielles depuis longtemps et nous avions eu à plusieurs reprises l’occasion de réaliser des films au Tibet autour de cette culture. Depuis ce moment «magique» jusqu’à aujourd’hui même, nous avons été les témoins des grands événements qui ont ponctué sa vie de futur maître spirituel, des années de formations pendant lesquelles l’enfant élu a connu des moments d’interrogation, de joie et de tristesse... Dès son plus jeune âge, ce petit bonhomme séduit son entourage et réjouit tous les anciens disciples du maître dont il est la réincarnation. Puis à l’adolescence, avec la disparition prématurée de son père et de son maître à penser, apparaissent les premiers doutes sur sa propre force spirituelle... À 14 ans, le jeune Kalou entre en retraite pour une durée de 3 ans, 3 mois et 3 jours dans un monastère, coupé du monde. À la sortie de cette longue solitude, nous avons retrouvé devant nous un adolescent avec des certitudes mais aussi avec des doutes... Pour tous ceux qui l’entourent, il est avant tout la réincarnation de son maître. Mais est-il vraiment lui... ?"

Kalou Rinpoché, premier du nom, ordonné moine à l’âge de treize ans, était un maître émérite. À vingt-cinq ans, il choisit de consacrer sa vie à la pratique et devient pendant douze ans un ermite solitaire lors de sa retraite himalayenne. 
Lors des troubles politiques liés à l’invasion du Tibet par les chinois, il part en 1960 pour le Bhoutan puis, tout comme le Dalaï-Lama, il s’établit en Inde où il trouve refuge à Darjeeling. À cette époque, ce maître bouddhiste fit beaucoup parler de lui car il fut le premier moine tibétain à se rendre en Europe et de nombreux occidentaux deviennent alors ses disciples. Encouragé par le Dalaï-Lama et le Karmapa, il contribue largement à la diffusion de la sagesse bouddhiste en Occident. Il fonde de nombreux centres du Dharma dont le grand centre Paldenshangpa en Bourgogne. 
Dans le bouddhisme tibétain, la réincarnation est un phénomène certain. Les lamas sont regardés comme les manifestations d’une même personne qui ne cesse de revenir sur terre pour perpétuer ses enseignements et ainsi aider les autres. Ces lignées de maîtres sont ininterrompues depuis le 12ème Siècle. 
Les moines bouddhistes tibétains sont des citoyens du monde, des messagers de la sagesse, des hommes accomplis dont l’unique but dans l’existence est de dissiper les souffrances de chacun. Le principe même de la réincarnation est au centre de la transmission de cette providence. La question d’une continuité de la conscience après la mort physique est une question essentielle dans la vie spirituelle d’un bouddhiste. 
Ces enfants appelés « Tulkous » ne sont en rien considérés comme des demi-dieux mais plutôt comme le symbole d’un idéal humain. Ils sont la conscience du Tibet spirituel, ils sont là pour transmettre un savoir qui, sans eux, disparaîtrait.