Climax

2018

France

1h35

de Gaspar Noé.

avec Sofia Boutella (Selva), Romain Guillermic (David), Souheila Yacoub (Lou), Kiddy Smile (Daddy), Claude-Emmanuelle Gajan-Maull (Emmanuelle), Giselle Palmer (Gazelle), Taylor Kastle (Taylor), Thea Carla Schott (Psyche), Sharleen Temple (Ivana), Lea Vlamos (Lea)...


1996. Un groupe de danseuses et danseurs prépare un spectacle dans un bâtiment isolé. Après leur dernière répétition, ils décident d’organiser une grande fête sur les lieux. La musique démarre, les discussions s’enchaînent, les tensions s’apaisent ou s’exacerbent et tou-te-s se déchaînent sur le dance floor. Jusqu’à découvrir que quelqu’un a glissé un psychotrope dans la sangria... Mais qui donc ? La paranoïa gagne le groupe, la soirée déraille sous l’effet de la drogue et le chaos se répand...

Gaspar Noé signe un nouveau trip cinématographique halluciné, avec une incroyable troupe de comédiens amateurs, mais danseurs reconnus, de voguing, waacking ou krump notamment. Après une 1ère partie qui fait la part belle aux chorégraphies et aux corps qui exultent, la caméra plonge dans les méandres labyrinthiques d’un lieu de plus en plus inquiétant, scrutant dans de longs plans séquences la folie collective qui s’installe. Communion et contamination, euphorie et épouvante, ferveur et terreur : Climax est une oeuvre hybride aussi jubilatoire qu’éprouvante. Que la fête commence !


La petite histoire

 Gaspar Noé revient sur les raisons qui l'ont poussé à faire Climax : "Les joies du présent, lorsqu’elles sont intenses, nous permettent d’oublier cette immense vacuité. Les extases, qu’elles soient constructives ou destructives, en sont des antidotes. L’amour, la guerre, l’art, le sport, la danse nous semblent des justifications à notre bref passage sur terre. Et parmi ces distractions, l’une d’entre elles m’a toujours rendu particulièrement heureux : la danse. Alors, quitte à faire un film, Il m’a semblé excitant d’en faire un sur ce fait divers et avec des danseurs dont les talents m’hypnotisent. Avec ce projet j’ai pu représenter une nouvelle fois sur un écran une partie de mes joies et de mes peurs".

Fasciné par la manière dont le chaos et l'anarchie peuvent se répandre, Gaspar Noé a tenté de mettre en place des conditions de tournage favorables à leur émergence : "Mon plus grand plaisir vient de ne rien préparer ou écrire à l’avance, et de laisser au maximum les situations se créer devant moi, comme dans un documentaire. Et quand le chaos s’y installe, je n’en suis que plus heureux, sachant que cela fera des images fortes, proches du réel et non pas du théâtre"
Ainsi, le réalisateur s'est lancé dans la production sans véritable scénario mais avec uniquement l'idée d'un groupe de danseurs qui se retrouve isolé dans un bâtiment. À partir d'une trame d'une page, Noé a laissé une grande part d'improvisation aux acteurs afin d'obtenir des moments de vérité et laisser le chaos s'exprimer. 

Climax se déroule en 1996, une année durant laquelle, selon Gaspar Noé ,"Il n’y avait juste ni portable ni internet. Mais le meilleur de la musique de ce matin était déjà là. En France, Daft Punk éditait son premier vinyle, La Haine venait de sortir au cinéma et le journal Hara-Kiri ne parvenait définitivement plus à ressusciter. Le massacre des adeptes du Temple solaire était étouffé par les forces occultes de l’Etat. Et certains rêvaient de construire une Europe puissante et pacifique alors qu’une guerre barbare l’infectait encore de l’intérieur."