Note d'intention

 Quand j’étais petit mon père voulait que je sois boy-scout. Il nous emmenait, mon frère et moi, tous les 15 jours jouer avec d’autres enfants dans la boue ou faire du camping. Tous les deux on détestait ça. On préférait de loin le théâtre, la danse et le chant, où nous pouvions nous exprimer. Vous pouvez imaginer la confusion quand on a appris que c’était vu comme des activités, « pour les filles ». J’étais un garçon, comment pouvais-je aimer ça ? J’ai donc fini par arrêter tout ça parce que je ne voulais pas qu’on se moque de moi.

Bien plus tard, je venais de commencer l’école de cinéma et j’ai lu un article sur une jeune fille : elle était née dans un corps de garçon mais elle était convaincue d’être en réalité une fille, même si la biologie lui donnait tort. J’ai tout de suite ressenti de l’admiration, et j’ai été enthousiasmé à l’idée de pouvoir écrire sur un personnage comme elle : quelqu’un de courageux, qui très jeune remettait en cause le lien qu’établit la société entre sexe et genre. 

C’est comme ça que GIRL a commencé. Par la nécessité de parler de notre perception du genre, de ce qui est féminin et ce qui est masculin. Mais surtout pour pouvoir montrer la lutte intérieure d’une jeune héroïne, capable de mettre son corps en danger pour pouvoir devenir la personne qu’elle veut être. Une fille qui doit faire le choix d’être elle-même à seulement 15 ans, quand pour certains ça prend toute la vie. 

Lukas Dhont (scénariste, réalisateur de GIRL)

(Dossier de presse)