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L'époque

2018

France

1h34

de Matthieu Bareyre.


Du Paris de l’après-Charlie aux élections présidentielles; une traversée nocturne aux côtés de jeunes qui ne dorment pas : leurs rêves, leurs cauchemars, l’ivresse, la douceur, l’ennui, les larmes, la teuf, le taf, les terrasses, les vitrines, les pavés, les parents, le désir, l’avenir, l’amnésie, 2015, 2016, 2017 : l'époque...


La petite histoire

 Matthieu Bareyre a eu l’idée du film juste après les attentats de Charlie Hebdo. "J’habitais près des évènements et comme beaucoup, j’ai vécu Charlie comme un moment de bascule, avec le sentiment inquiet qu’une nouvelle ère politique s’ouvrait. Les mois à venir s’annonçaient sombres et je n’avais pas du tout envie d’en être le spectateur impuissant. Je voulais trouver une manière de tout vivre de plain-pied. Plonger dans la nuit noire, avec l’espoir d’y trouver quelques lueurs. Quelques jours plus tard, j’ai trouvé le titre, L’époque, comme une question que je me posais et que je voulais poser aux autres. J’avais aussi en tête La Follia de Vivaldi, son énergie joyeuse traversée d’élans profondément mélancoliques. Je rêvais d’un film lyrique où des sentiments très opposés se succèderaient sans transition."

Matthieu Bareyre revient sur son envie de filmer la jeunesse. Ce moment particulier des 18-25 ans est un temps où l’on se pose des questions fondamentales : est-ce qu’on accepte le monde dont on hérite ou est-ce qu’on prend le temps de l’interroger ? "Telle que je l’ai vécue et la vois encore, la jeunesse est un moment très dur : d’un côté, on nous explique que c’est le plus bel âge de la vie ; de l’autre, la parole des jeunes est toujours dénigrée. J’ai entendu toutes sortes de théories au sujet de ma « génération », qu’elle était X, Y, ou WTF, apolitique, triste, perdue, immature, consommatrice de drogues et de fringues, accro à la technologie. Des jeunes, je peux dire la même chose que ce que Virginie Despentes écrivait il y a dix ans au sujet des femmes au début de King Kong Théorie : « depuis quelque temps, en France, on n’arrête plus de se faire engueuler. ». Alors j’ai pensé un film dans lequel je pourrais mettre tout ce que je n’avais pas pu entendre, dire, voir et montrer depuis mon adolescence."