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Marche ou crève

2018

France

1h25

de Margaux Bonhomme.

avec Diane Rouxel (Elisa), Jeanne Cohendy (Manon), Cédric Kahn (François), Pablo Pauly (Sacha), Clémentine Allain (Nora), Yoli FullerChiara Mastroianni...


Adolescente fougueuse et passionnée, Elisa souhaite profiter de l’été dans la maison familiale du Vercors où elle a grandi. Elle est sur le point de partir et de voler de ses propres ailes, mais c’est sa mère qui s’en va et la laisse seule avec son père pour s’occuper de sa sœur handicapée. Une responsabilité de plus en plus lourde qui la fait basculer de l’amour à la haine, jusqu’à perdre pied. Margaux Bonhomme a abordé le sujet de son film frontalement. Sans chichi. Sans esbroufe. Comme une reporter qui se serait glissée au sein de cette famille pour en filmer le quotidien où alternent les moments éprouvants et les instants de bonheur. Cette véracité, elle l'atteint grâce à son filmage, mais aussi grâce à ses interprètes, tous magnifiques. Margaux Bonhomme nous oblige à affronter la différence, à la regarder dans les yeux. Un film sans artifice, frontal et nécessaire...


La petite histoire

Marche ou Crève est l’histoire d’Elisa, une jeune femme qui devrait être sur le point de partir, de quitter sa famille et qui pourtant n’y parvient pas. Cette famille a longtemps été unie par rapport au monde extérieur : elle a fait face aux regards malveillants, aux injonctions des éducateurs, à la fatalité annoncée du handicap très lourd de Manon, la soeur aînée. "J’ai choisi de raconter cette histoire d’un point de vue unique, celui d’Elisa, et de traverser son rapport au monde, son conflit de loyauté vis à vis de son père, sa prise de conscience progressive d’une situation qui devient de plus en plus intenable. J’ai voulu que sa relation à Manon soit à la fois douce et violente, vivante et mortifère. La répétitivité des scènes quotidiennes avec Manon nous fait comprendre l‘impuissance et la rage qui l’accompagne, et consolide l’étau d’Elisa, qui va peu à peu perdre pied jusqu’à la séquence du lac où elle pense à noyer sa soeur. J’ai voulu que sa relation au père soit aussi immédiatement complice et solidaire. Elisa se range du côté de François, contre sa mère, elle est le bon petit soldat de son père et y trouve une place qu’elle a toujours eu du mal à trouver. Elle est persuadée que le père veut et fait le bien de Manon. Elle s’apercevra que le combat qu’il mène (et continuera sans doute de mener) est perdu d’avance : Manon ne peut pas aller mieux. Le handicap exacerbe les liens affectifs et pose de manière plus générale la question du poids de ces attaches, de la culpabilité, de la jalousie, de la séparation. On ne peut pas s’empêcher d’aimer son frère ou sa soeur, mais à quel prix ? C’est la question que traverse Elisa dans le film", explique la réalisatrice Margaux Bonhomme, qui s'est inspirée de sa propre expérience pour ce film.