enliberteaffiche2

En liberté !

2018

France

1h48

de Pierre Salvadori.

avec Adèle Haenel (Yvonne)Pio Marmai (Antoine), Audrey Tautou (Agnès), Vincent Elbaz (Santi), Damien Bonnard (Louis), Hocine Choutri (Mariton)...


Yvonne jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic courageux et intègre qu’elle croyait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine injustement incarcéré par Santi pendant huit longues années. Une rencontre inattendue et folle qui va dynamiter leur vie à tous les deux. Ouvrant sur un pastiche très drôle de film policier burné très cartoon (avec un Vincent Elbaz en flic super héros), le réalisateur donne le ton d’un film hors norme qui oscillera toujours entre l’énorme et l’intime. On aura beau croiser un serial killer débordé, un sac poubelle qui fume, Zorro, le cap de l’émotion n’est jamais perdu. C’est fort, grisant et surtout hilarant. Imparable, le swing comique de Salvadori n’a peut-être jamais été aussi joyeusement foutraque. Film sur le pardon de soi, l’acceptation de sa propre bizarrerie, En liberté ! célèbre le droit au bordel, conjure la culpabilité, tous les maux qui nous empêchent d’être en paix avec nous-même par un élan comique et romantique irrésistibles. Si Adèle Haenel et Pio Marmaï sont de formidables cinglés attachants, les victimes collatérales Audrey Tautou et Damien Bonnard sont tout aussi brillants. Salvadori signe un thriller « burlesque » d’une drôlerie sans nom. Jubilatoire !


La petite histoire

Pierre Salvadori avait depuis longtemps en tête un personnage d’innocent, à la Hitchcock, qui décide, à sa sortie de prison, de commettre le délit pour lequel il a été condamné à tort. Le metteur en scène pensait à un film de genre, un polar, et avait commencé à écrire, mais s'est rapidement rendu compte que le sujet était trop mince. Il se rappelle :
"J’allais vers film d’intrigue, une histoire de braquage... Une conversation avec ma mère l’a incidemment remis en piste. « Tu sais, m’a-t-elle dit, ce sont les mères qui font les pères. Je vous ai toujours raconté un père un peu plus glorieux, un peu plus gentil, un peu plus fort, un peu plus tout qu’il n’était peut-être ... » . Cette phrase m’a poursuivi. Est née l’idée de mélanger les deux sujets : l’innocent qui sort de prison et cette femme qui essaie de dire à son fils que son père était un ripou à travers les histoires qu’elle lui raconte le soir pour l’endormir.

Avec En liberté !Pierre Salvadori s'est autorisé de longues séquences de poésie, comme avec la scène à travers la porte de la salle de bains où le couple Antoine-Agnès se dit son amour et ses peurs. Le réalisateur précise : "J’aime ça, tout simplement. J’ai le sentiment que la comédie autorise cela. Je me suis souvent permis d’introduire des dialogues écrits, un peu enlevés dans mes films. Mais je n’assumais pas totalement leur dimension littéraire. J’essayais toujours de contrebalancer cela avec un ton un peu parlé. Cette fois, j’ai décidé de l’endosser. En écrivant le scénario, je disais à mon producteur : « Si je pouvais j’écrirais tout le film en vers »."