Trois visages

Se rokh

2018

Iran

1h10

de Jafar Panahi.

avec Behnaz JafariJafar PanahiMarziyeh RezaeiMaedeh ErteghaeiNarges Delaram...


Après avoir reçu la troublante vidéo d’une jeune fille implorant son aide pour échapper à sa famille conservatrice, une célèbre actrice iranienne demande à son ami, le réalisateur Jafar Panahi, de l’aider à comprendre s’il s’agit d’une manipulation. Ils partent alors pour le village de la jeune fille, dans les montagnes reculées du Nord-Ouest où les traditions ancestrales continuent de dicter la vie locale...

 "Que c’est simple le cinéma quand il est écrit et mis en scène par le réalisateur iranien Jafar Panahi. Le dispositif est simple : une actrice et un cinéaste partent à la campagne afin de retrouver une jeune femme qui leur a envoyé la vidéo de son suicide présumé par Internet. On prend la route avec eux, couple mal assorti mais terriblement attachant. On interroge des villageois, on prend le thé, on essaie de trouver du réseau pour téléphoner à des proches. Mais derrière la beauté des collines et la sagesse supposée des hommes, il y a des coutumes d’un autre temps (hilarante scène du prépuce) et surtout une profonde défiance avant les «saltimbanques», surtout si ce sont des femmes." Paris Match 


La petite histoire

 3 visages est né d’une situation qui, sans être nouvelle, a littéralement explosé avec l’avènement des réseaux sociaux - extrêmement utilisés en Iran : la quête éperdue de contact, en particulier avec des personnalités du cinéma. Jafar Panahi, malgré sa situation officielle de réalisateur proscrit dans son propre pays est l’un des destinataires les plus sollicités par ces propositions - notamment de jeunes gens qui veulent faire des films. Et comme la plupart de ceux qui reçoivent de nombreux messages de la part de leurs fans sur les réseaux sociaux, il n'y répond que rarement, mais cela lui est déjà arrivé de ressentir une sincérité, une intensité qui l'ont poussé à se questionner sur la vie de celles et ceux qui envoient ces messages. Un jour, il a reçu sur Instagram un message qui lui paraissait plus sérieux, et au même moment les journaux ont parlé d’une jeune fille qui s’était suicidée parce qu’on lui avait interdit de faire du cinéma. Il a imaginé alors recevoir sur Instagram une vidéo de ce suicide, et s’est demandé comment il réagirait face à cela. 

Cette idée a croisé l’envie de revenir sur l’histoire du cinéma iranien, et ce qui avait entravé ses artistes, par différentes manières, à différentes périodes. D’où l’idée d’évoquer trois générations, celles du passé, du présent et du futur, par l’intermédiaire de trois personnages d’actrices. En composant ces trois récits est née l’image de cette route étroite et sinueuse, qui est une représentation concrète de toutes ces limitations qui empêchent les gens de vivre et d’évoluer.