Wonder Wheel

2017

Etats-Unis

1h41

de Woody Allen.

avec Kate Winslet (Ginny),  James Belushi (Humpty), Justin Timberlake (Mickey), Max Casella (Ryan), Jack Gore (Richie), David Krumholtz (Jake), Robert C. Kirk (vendeur), Tommy Nohilly (ami de Humpty), Tony Sirico (Angelo)...


Pour son nouveau long métrage, Woody Allen plante le décor autour de la grande roue de Coney Island, lieu de rendez-vous plein de passion, d'infidélité, de personnages hors du commun et de gangsters. On y retrouve Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie en serveuse ; son mari, Humpty, opérateur de manège; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, la fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses. Voici quarante ans, depuis Annie Hall, que Woody Allen rend hommage à New York, territoire peuplé de personnages favorable aux névroses de toutes sortes. Avec Wonder wheel il nous plonge dans le New York des années 50. Mafia, meurtres, adultères sur fond de fête foraine ! Avec le rôle de Ginny, il offre à Kate Winslet le sommet d'une carrière pourtant riche en performances marquantes. La photographie éblouissante de Vittorio Storaro ( Apocalypse Now, 1900, Dernier Tango à Paris ) fait de ce parc d'attractions un décor d'opérette à ciel ouvert, aux couleurs acidulées. Tout ici respire l'artifice et esquisse un univers en trompe l'oeil, où les visiteurs affluent pour fuir le réel. Du très grand Woody Allen !


La petite histoire

 Woody Allen a décidé de situer l'action de son 47ème long-métrage autour de la grande roue de Coney Island. Le cinéaste a toujours éprouvé une grande tendresse pour cette péninsule située à l'extrême sud de Brooklyn. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dans Annie Hall, le petit Alvy Singer grandit à proximité du parc d’attraction. Le cinéaste en garde des souvenirs d’enfance joyeux : "Quand je suis né, l’époque florissante de Coney Island était déjà révolue depuis un bon moment, mais c’était encore un endroit magique pour moi, confie-t-il. Ce lieu m’a toujours impressionné. Il y avait là une faune de gens hallucinants et il s’y passait des choses étonnantes. On sentait qu’une énergie folle s’en dégageait. Je me suis dit que c’était un environnement hors du commun – et passionnant – pour y situer un film."

Comme souvent chez Woody Allen, Wonder Wheel mêle amour et trahison. "Qu’on se plonge dans les tragédies grecques, ou qu’on lise Stendhal, Tolstoï ou Dickens, les relations amoureuses sont omniprésentes car elles sont sources d’angoisses et de conflits. Elles font surgir des émotions et des situations, à la fois complexes, profondes, intenses, déroutantes et fortes. Je me suis toujours intéressé aux problèmes des femmes. Au fil des siècles, les hommes ont eu tendance à exprimer moins volontiers leurs souffrances : le mot d’ordre masculin consiste à ne pas avouer qu’on souffre. C’est comme dans le base-ball où, quand un “batteur” est touché par un “lanceur”, il est censé ne pas montrer qu’il a mal. À l’inverse, les femmes se sont toujours senties plus enclines à afficher leurs sentiments. J’ai essentiellement tourné des comédies mais quand j’ai réalisé des drames, je me suis presque toujours – pas toujours, mais presque – attaché à des femmes dans des situations critiques."