Kedi, des chats et des hommes

Kedi

2017

Turquie / Etats-Unis

1h20

de Ceyda Torun.


Des centaines de milliers de chats vagabondent dans les rues d’Istanbul. Depuis des années, ils vont et viennent dans la vie des gens, devenant à cette occasion une part essentielle des communautés qui font la richesse de la ville. Sans maîtres, ils vivent entre deux mondes, ni tout à fait sauvages ni tout à fait domestiqués et apportent joie et, pour certains, raison d’être à ceux qu’ils choisissent d’adopter. À Istanbul les chats sont le miroir de la vie des habitants. 

La ville, autant que les félins, est le personnage principal de ce film, notamment à travers ces incessantes mutations.


La petite histoire

 Pour filmer les chats errants, la réalisatrice Ceyda Torun a notamment utilisé une caméra embarquée sur une voiture télécommandée : "Les chats qui vivent dans la rue à Istanbul sont généralement très à l’aise avec les gens et ça leur plaisait que nos cameramen les suivent. En revanche, ils étaient plus méfiants, en présence de la voiture télécommandée que nous avions transformée en caméra. Soit ils s’enfuyaient, soit ils jouaient avec, quand ils ne l’attaquaient pas ! Ils étaient capables de fixer l’objectif géant de la caméra pendant de longs moments. Sans doute voyaient-ils un oeil immense qui les scrutait ? Ça avait l’air de les ravir d’être regardés ainsi. Nous tenions à ne pas les manipuler pour les faire « jouer »." 

Selon la réalisatrice Ceyda Torun, le traitement des chats à Istanbul n’est pas très éloignée du traitement réservé aux vaches en Inde. Pour la population, qui est majoritairement musulmane, les chats sont quasi sacrés. Ils sont d’ailleurs cités à plusieurs reprises dans des histoires autour du prophète Mohammed. Comparée à l’approche hygiéniste en vigueur en Europe et aux États-Unis, où les chats des rues sont capturés et pris en charge, et à celle d’Asie et des pays arabes où ils sont traités avec indifférence, l’approche choisie par les habitants d’Istanbul consiste à s’occuper d’eux tout en préservant leur indépendance : elle offre de ce point de vue une nouvelle perspective pour comprendre la culture de la ville, et plus globalement la façon dont nous appréhendons la vie.