Les espions

les espions

1957

France / Italie

2h05

de Henri-Georges Clouzot.

avec Curd Jürgens (Alex), Sam Jaffe (Sam Cooper), Peter Ustinov (Michel Kaminsky), O.E. Hasse (Hugo Vogel), Paul Carpenter (Le colonel Howard), Véra Clouzot (Lucie), Martita Hunt (Connie Harper), Gérard Séty (Le docteur Malic), Gabrielle Dorziat (Madame Andrée), Louis Seigner (Valette)...


A Maisons-Laffitte, le docteur Malik dirige une clinique psychiatrique sur le point de faire faillite. Il n'y a plus que deux malades, un toxicomane, Valette, et une muette à demi-folle, Lucie. Acculé, Malik accepte l'offre que lui fait un homme qui se présente comme le chef de l'Institut de guerre psychologique américain, celle d'héberger un certain Alex. Aussitôt, l'hôpital et ses alentours se peuplent d'hommes et de femmes au comportement étrange. Le docteur Malik finit par comprendre que des espions russes et américains tentent de s'emparer d'un savant, un certain Vogel, que Malik croit identifier en Alex...

"L'univers froid, cynique, dévastateur des Espions a des liens évidents avec la morale du Corbeau, le chef-d'oeuvre de Clouzot, où rien, comme le disait Pierre Larquey, n'était ni tout à fait blanc, ni tout à fait noir. Où chacun trahit cet autre si semblable à lui." Télérama


La petite histoire

A l’époque du film (1957) la guerre froide, quoique stabilisée par les parties en présence conscientes de l’équilibre de leur force, fait encore rage. La France et Le Royaume Uni viennent d’éprouver la menace nucléaire de l’Union Soviétique, après avoir tenté de résister à la nationalisation de Nasser sur le Canal de Suez en utilisant Israël. En demandant l’installation des forces de l’ONU dans le désert du Sinaï, les Etats Unis se sont accordés avec l’URSS sur la légitimité de Nasser, les deux « super grands » ont discrédité les français et les britanniques en tant que puissances majeures. Ils ont montré une certaine complicité entre eux pour continuer à se partager le monde en deux.

C’est dans ce contexte d’une vieille Europe reléguée au second plan par les russes et les américains, dépassée, que s’inscrit Les espions . L’histoire du film en est une métaphore dans une maison française délabrée, soumise à la domination des deux camps, et où le propriétaire autochtone se débat pour comprendre pourquoi il est leur jouet.