Teheran tabou

Téhéran tabou

Tehran Taboo

2017

Allemagne / Autriche

1h36

d'Ali Soozandeh. 

 


Corruption, débauche, duplicité… le pamphlet tourné par un réalisateur iranien exilé en Allemagne entend dénoncer avec insolence les travers cachés et les hypocrisies  de la société iranienne. Il le fait sous une forme détonante, en utilisant la « rotoscopie », un procédé qui consiste à filmer des comédiens en prises de vues réelles (sur fond vert) et les redessiner image par image pour en faire des personnages animés aux traits et aux gestes réalistes (comme dans le génial Valse avec Bachir d’Ari Foldman). Présenté à la Semaine de la critique à Cannes,  « le caractère inédit et explosif des situations mises en scènes lui confère la valeur d’un témoignage captivant. » (Le Monde et Télérama)


La petite histoire

 L'animation utilisée pour Téhéran Tabou s'appelle le processus de rotoscopie et consiste à tourner sur fond vert avec les acteurs, après avoir élaboré un storyboard. Le réalisateur Ali Soozandeh développe : "Durant cette phase, le travail se fait en studio avec une équipe de tournage normale. Puis, il faut créer des images provisoires pour les arrière-plans. Ensuite, une fois le montage terminé, on passe à l’animation. On crée les arrière-plans définitifs c’est à dire, une combinaison d’éléments 3D et de dessins, puis les personnages, qui sont dessinés séparément. Enfin, on combine tous ces éléments pour composer l’image finale. Pour ce film, ce travail a duré 13 mois et avec une équipe de plus de 40 artistes."

L'origine du projet remonte à quelques années, lorsque Ali Soozandeh avait surpris une conversation entre deux jeunes Iraniens dans le métro qui parlaient de leurs expériences avec des filles. Le metteur en scène se souvient : "Ils ont mentionné une prostituée qui amenait son enfant avec elle partout où elle travaillait. J’ai commencé à faire des recherches sur les réseaux sociaux, et fait appel à mes propres souvenirs de jeunesse, pour m’interroger sur ce que pouvait être la sexualité en Iran aujourd’hui. Ces recherches ont nourri l’écriture du scénario." 

En Iran, les prohibitions juridiques et les restrictions morales façonnent le quotidien, poussant ainsi les gens à contourner les interdits, comme par exemple en matière de sexualité. Ali Soozandeh explique : "Dans leur vie sociale, ils font preuve d’une austérité de façade. Dans leur vie privée, le sexe, l’alcool, les drogues sont parfois sans limites. Téhéran Tabou parle de ces doubles standards avec lesquels les Iraniens déjouent quotidiennement les interdits. Cela entraîne de nombreuses complications sociales, qui peuvent conduire à des situations absurdes, voire comiques."