Un beau soleil intérieur

2017

France

1h34

de Claire Denis.

avec Juliette Binoche (Isabelle), Xavier Beauvois (Vincent), Philippe Katerine (Mathieu), Valeria Bruni Tedeschi (Femme Voyant), Gérard DepardieuJosiane Balasko (Maxime), Nicolas Duvauchelle (L'acteur), Alex Descas (Homme Fin)...


Isabelle, divorcée, un enfant, cherche un amour. Enfin un vrai amour.

Avec son casting étoilé où rayonne une Juliette Binoche royale dans le rôle d’une femme désespérément en quête du grand amour, Claire Denis, qui s’est librement inspirée des « Fragments du discours amoureux » et a collaboré pour les dialogues avec Christine Angot, signe une analyse malicieuse, cruelle et intelligente des affres amoureuses d’une quinquagénaire. Il n’y a pas de bons ni de méchants dans cette comédie étrange, stimulante, très originale. Les femmes ne sont pas des saintes, les hommes ne sont pas des salauds. Ils sont tout cela un peu à la fois, certains plus que d’autres. Mais aucun n’est à proprement heureux ni vraiment fort.


La petite histoire

Claire Denis a puisé son inspiration de départ dans Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes. En effet, c'est le mot "Agony", présent dans Fragments, qui a donné envie à la réalisatrice de mettre en scène Un beau soleil intérieur. Elle a ensuite développé le scénario avec la romancière Christine Angot :
"Agony évoque pour moi une façon très chic et un peu snob de dire que l’on a dépassé les misères de l’amour : l’attente insoluble, l’idéal déçu. On peut commencer à s’approprier ce mot à partir du moment où l’on est devenu plus pragmatique dans ses rapports amoureux et où on peut se permettre une ironie sur son passé, son parcours. Et ce mot d’Agony nous a tout de suite mises, Christine et moi, dans une sorte d’enchantement, de fantaisie. C’est en quelque sorte le thème de nos propres « agonies amoureuses » qui a déclenché l’écriture."

La comédien Juliette Binoche s'est très vite imposée dans l'esprit de Claire Denis et Christine Angot au cours du processus d'écriture d'Un beau soleil intérieur :
"Il fallait un corps féminin crémeux, voluptueux, désirable. Une femme belle de visage et de chair, chez laquelle il n’y a pas de défaite annoncée, pour laquelle, dans les combats amoureux, la victoire est possible, sans laisser penser pour autant que c’est gagné d’avance. J’avais une vision précise du personnage d’Isabelle. Je voyais une femme brune, très femme, avec des cuissardes, parce que c’est son désir. On voit les cuisses entre la mini-jupe et le haut de ses bottes. Pour ses cheveux : au carré, coupés comme ceux des femmes un peu guerrières de Mystic, ces pochoirs monochromes que l’on voyait dans les rues dans les années 80. J’avais aussi en mémoire les figures de Crepax : des femmes brunes avec des cheveux courts et une forte aura sexuelle. Une femme sans tabou, ni pute ni nympho.", explique la cinéaste.