Le jeune Karl Marx

Le jeune Karl Marx

2017

France / Allemagne / Belgique

1h58

de Raoul Peck.

avec August Diehl (Karl Marx), Stefan Konarske (Friedrich Engels), Vicky Krieps (Jenny Marx), Olivier Gourmet (Pierre Proudhon), Alexander Scheer (Wilhelm Weitling), Michael Brandner (Joseph Moll), Hans-Uwe Bauer (Arnold Ruge), Hannah Steele (Mary Burns)...


1844. De toute part, dans une Europe en ébullition, les ouvriers, premières victimes de la “Révolution industrielle”, cherchent à s’organiser devant un “capital” effréné qui dévore tout sur son passage. Karl Marx, journaliste et jeune philosophe de 26 ans, victime de la censure d’une Allemagne répressive, s’exile à Paris avec sa femme Jenny où ils vont faire une rencontre décisive : Friedrich Engels, fils révolté d’un riche industriel Allemand. Intelligents, audacieux et téméraires, ces trois jeunes gens décident que “les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, alors que le but est de le changer". Entre parties d’échecs endiablées, nuits d’ivresse et débats passionnés, ils rédigent fiévreusement ce qui deviendra la “bible” des révoltes ouvrières en Europe : “Le manifeste du Parti Communiste”, publié en 1848, une oeuvre révolutionnaire sans précédent.

En signant un biopic sur les jeunes années de Karl Marx, Raoul Peck prenait le risque d’un film didactique ou ultra politisé. C’était sans compter sur la plume inspirée de Pascal Bonitzer, capable à la fois de faire comprendre le contexte historique, l’évolution des courants de pensée et des mouvements ouvriers en cours, tout en donnant parfaitement à saisir les enjeux de chacun des personnages. S’attachant à l’amitié et la complicité qui lia Karl Marx, prolétaire sans le sou et Friedrich Engels, fils de bourgeois tisserand, le scénario donne aussi un rôle fondamental à l’épouse de Marx, soutien indéfectible et contributrice, à l’époque, de certaines alliances. Porté par des acteurs qui apportent une réelle dimension humaine à ces personnages, le film revêt de plus une résonance toute particulière en ces temps où les inégalités augmentent et où la société apparaît plus divisée que jamais.


La petite histoire

 Raoul Peck est réalisateur, scénariste et producteur. Il est né à Haïti, a grandi au Congo, aux États-Unis et en France. Après des études d’ingénierie et d’économie puis de cinéma à Berlin, Raoul Peck a été ministre de la Culture d’Haïti de 1996 à 1997. Depuis 2010, il est président de la Fémis. En 2001, l’organisme de défense des droits humains Human Rights Watch lui remet le prix Irene Diamond pour l’ensemble de son travail. Il a été membre du jury au festival de Cannes en 2012 et à la Berlinale en 2002. Son documentaire I am not your negro, a remporté de nombreux prix dont le Prix du Meilleur documentaire à Philadelphie, le Prix du Public à Toronto et Berlin (ainsi que la Mention spéciale du Jury œcuménique), et était candidat aux Oscars 2017 dans la catégorie Meilleur documentaire.

Le réalisateur Raoul Peck a voulu s'attaquer à un monument tel que Karl Marx suite à son implication sur son dernier film, I am not your negro. En effet, ces deux oeuvres coïncident avec un moment de réflexion et d’inquiètude chez le cinéaste :
"Une inquiétude par rapport à ce que je ressentais du “Zeitgeist” ambiant, en cette période de “fin de l’Histoire” et de “fin des idéologies”. Une époque qui se manifeste également par une suspicion de toute science ou de philosophie et un rejet de tout ce qui est politique. Ce qui a existé jusque-là est sensé être dépassé et on semble vouloir créer du nouveau à partir de rien. Ce qui, me semble-t’il, est utopique. Nous n’avons ni peuple de rechange, plus « pur » plus « sain » plus « avancé » avec lequel tout serait plus simple. Il nous faut malheureusement partir du réel. Ma réponse en tant qu’artiste et citoyen engagé, c’est de revenir aux fondamentaux. Pour moi, ce sont d’abord Baldwin, que j’ai lu très tôt dans ma jeunesse, et Marx, que j’ai longuement étudié très jeune aussi", explique le metteur en scène.