Les fantômes d'Ismaël

Les fantômes d'Ismaël

2017

France

1h50

d'Arnaud Desplechin.

avec athieu Amalric, Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Hippolyte Girardot, Samir Guesmi...


Ismaël Vuillard réalise le portrait d’Ivan, un diplomate atypique inspiré de son frère. Avec Bloom, son maître et beau-père, Ismaël ne se remet pas de la mort de Carlotta, disparue il y a vingt ans. Aux côtés de Sylvia, Ismaël est heureux. Mais un jour, Carlotta, déclarée officiellement morte, revient. Sylvia s’enfuit. Ismaël refuse de que Carlotta revienne dans sa vie. Il a peur de devenir fou et quitte le tournage pour retrouver sa maison familiale à Roubaix. Là, il s’enferme, assailli par ses fantômes...


La petite histoire

 "C’est le portrait d’Ivan, un diplomate qui traverse le monde sans n’y rien comprendre. C’est le portrait d’Ismaël, un réalisateur de film qui traverse sa vie sans n’y rien comprendre non plus. C’est le retour d’une femme, d’entre les morts. C’est aussi un film d’espionnage… Cinq films compressés en un seul, comme les nus féminins de Pollock. Ismaël est frénétique. Et le scénario est devenu frénétique avec lui ! Pourtant, Ismaël dans son grenier essaie de faire tenir ensemble les fils de la fiction…

Je décrivais ainsi mon projet à un ami : «il me semble avoir inventé une pile d’assiettes de fiction, que je fracasse contre l’écran. Quand les assiettes sont toute cassées, eh bien, le film s’achève ». Potlatch, débauche de fictions…

Mais pourquoi ai-je eu besoin de fracasser ainsi tous ces fragments d’histoires ? C’est que trois femmes sont nées de ces éclats. Une femme aimée, le souvenir d’une femme disparue, et une amie-lutin. Ces fictions sont dépensées pour elles.

À travers les méandres de ces intrigues, tout notre travail fut de parler clair et droit. Je voulais que chaque scène vous arrive crument, avec brutalité. Que les spectateurs ne puissent les esquiver. Souvent, il m’a été nécessaire de citer mes films références. Pour «les Fantômes d’Ismaël», il m’a fallu avancer seul, même si je vis entouré de mes films aimés. Certains films géniaux me toisent : 8 ½, Providence… Je les ai vus cent fois, je les révère, et ils ne me servent à rien. Allons, comme Truffaut l’écrivait à Deneuve : «il est exclu de penser que nous ferons un chef d’œuvre ! On essaiera de faire un film vivant». Je crois ces trois femmes vivantes. Je crois Bloom, qui se bat contre l’âge, vivant lui aussi. Si Ivan est mélancolique, sorte d’Idiot venu de Dostoïevski, Ismaël et ses erreurs est un homme vivant. Et c’est Sylvia qui lui apprendra à vivre." Arnaud Desplechin