modeleafficheTijuana Bible

de Jean-Charles Hue.

France / 2019 / 1h32

avec Paul Anderson, Adriana Paz, Noé Hernandez... 

 

 

 

 

 

"Tijuana est devenue souvent la fin du voyage pour des Mexicains expulsés, mais aussi pour des vétérans ou des toxicomanes américains venus chercher un paradis artificiel à peu de frais. Le personnage principal, Nick, est de ceux-là. Ancien soldat blessé en Irak, il vit désormais au cœur de la Zona Norte, quartier frontalier et interlope, où il pratique de petits trafics minables pour les dealers locaux qui lui fournissent de quoi remplir sa pipe à crack. Et puis son destin fracassé va croiser celui d’Ana, une jeune Mexicaine qui cherche désespérément son frère vétéran disparu dans ce cloaque. Une disparition que le caïd local – au visage tatoué d’autant de larmes qu’il a tué d’humains – ne veut pour rien au monde voire élucidée...

Disons-le tout net, la trame de ce polar poisseux, où l’on sent presque physiquement les odeurs pestilentielles du canal/égout qui longe la frontière, a tout du scénario de western classique : le héros déchu et tombé au plus bas qui rencontre une belle qui va le pousser à chercher en lui son héroïsme et sa dignité depuis longtemps enfouis. Soit. Mais voilà, il y a un acteur sublime et un réalisateur génial qui transcendent tout ça. L’acteur, c’est Paul Anderson, peu connu des cinéphiles mais que les amateurs de la formidable série Peaky Blinders adulent. Dans cette série qui se déroule dans les quartiers populaires du Birmingham des années folles, il incarne Arthur, le cinglé ultra violent d’une fratrie de gangsters gitans, les Shelby, et crève l’écran, à la fois touchant et terrifiant. Dans Tijuana Bible, son physique de mante religieuse habite le film et son personnage hantera l’histoire du cinéma comme dans un autre genre Harvey Keitel dans Bad Lieutenant ou Robert de Niro dans Raging Bull. Des performances autant corporelles que d’interprétation. Et puis il y a la démarche Hue. Ce qui frappe dans le film, c’est son authenticité et elle n’est pas due au hasard. En dehors des trois personnages principaux (le héros brisé, la belle et le très méchant), tous les nombreux personnages secondaires sont des non professionnels qui jouent peu ou prou leur propre rôle : migrants expulsés, anciens vétérans qui ont reconstitué en marge de la ville des communautés fraternelles
de fortunes, toxicomanes perdus… Une cour des miracles à la fois touchante et terrifiante qui sonne génialement vrai. À tel point que plusieurs des protagonistes du film, quelques mois après le tournage, ne survécurent pas à une ultime guerre entre narco-trafiquants. Tijuana Bible, à sa manière, leur rend magnifiquement hommage et dignité..." Utopia

Filmographie : "La BM du Seigneur", "Mange tes morts"...

 

 

 

LA PRESSE 

lobs 

A travers le parcours d’un ex-marine addict au crack et d’une Mexicaine à la recherche de son frère, Jean-Charles Hue (« Mange tes morts ») nous plonge dans cette cour des miracles, aux mains des cartels, avec un sens tranchant de l’immersion documentaire et un rapport mystique à la fiction. 

 

Plus de critiques 

 

ENTRETIENS 

Entretien avec Jean-Charles Hue, réalisateur

Tu as un lien fort à Tijuana et tu as déjà beaucoup tourné là-bas.

Après deux films avec la famille Dorkel chez les yéniches (La BM du seigneur et Mange tes morts), j’avais envie de tourner un long métrage à Tijuana... 

 

 

                  

 

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