Note d'intention de Jean-Louis Milesi, scénariste

 

Josep Bartolí survit dans les camps parce qu’il dessine (« Il serait devenu fou s’il était resté prostré à ne rien faire et à jouer aux cartes » écrit Georges, son neveu). Et parce qu’il dessine, et que ses dessins sont des témoignages, il survit sans doute aussi pour que ce témoignage ne disparaisse pas avec lui. Cette histoire de Josep qui survit dans un camp aurait pu se suffire à elle-même. Mais nous avions besoin d’un écho, d’un lien entre ce passé et notre présent, d’un passage de témoin. C’est pourquoi le récit commence avec un jeune adolescent d’aujourd’hui, bien ancré dans son quotidien, qui possède un joli coup de crayon mais aucune conscience sociale, aucun regard sur le monde qui l’entoure. 

Le lien qui va l’unir à Josep Bartolí est double :il y a le dessin, bien entendu, mais surtout son grand-père. Le grand-père qui a connu Josep Bartolí. Le grand-père qui était gendarme à cette époque et qui gardait le camp. Malgré les bafouillages de la mémoire du vieil homme, l’ado découvre ce grand-père, dont il ignorait tout, tandis que nous découvrons Josep Bartolí dans les camps, puis au Mexique... pour terminer à New York, après sa mort, avec l’ado qui a bien grandi, et à qui le récit du vieillard a ouvert les yeux sur le monde. 

 

(Dossier de presse)