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68, mon père et les clous

2018

France

1h24

de Samuel Bigiaoui.


Bricomonge est une boutique de bricolage ouverte par mon père Jean et située rue Monge dans le 5e à Paris. Des personnes venant de pays et de cultures très divers y travaillent dans une complicité quasi familiale. Fréquenté par des habitués, personnages et figures du voisinage, Bricomonge prend souvent les aspects d’une agora pour la vie sociale dans ce quartier. Plus que discret à son sujet, je sais de mon père peu de choses, qu’il s’engage très jeune, en parallèle de ses études d’économie, dans le mouvement maoïste lors des événements de 68, puis travaille quelques années dans le cinéma.
Bricomonge va fermer fin 2014. Au moment de l’ultime inventaire et avant la disparition de ce qui a nourri mon imaginaire d’enfant, je veux comprendre. Ce film tente de répondre à une question que je me pose depuis mon enfance : qu’est-ce qui a fait qu’un homme, mon père, plutôt intellectuel et cultivé, décide d’ouvrir à 40 ans une boutique de bricolage ? Car voilà, de mon père, je ne sais pratiquement rien, sauf qu’il vend des clous.
Entre les scènes quotidiennes et foisonnantes de ce lieu plein de vie et jusqu’à la chronique de sa fermeture, le film raconte, à travers la caméra d’un fils qui rencontre son père, l’histoire atypique de cet homme.

Pour son premier film, Samuel Bigiaoui relève le défi avec grâce, et simplicité. Entre les rayonnages qui se vident peu à peu, l’arrière-boutique et jusqu’au sous-sol, la caméra capte les relations complices avec des clients fidèles et celles entre ce patron atypique avec ses employés d’origines très diverses. C’est un huis clos qui transpire d’humanité. Par les dialogues parfois profonds ou légers, par les boutades, par les regards. Peu à peu se dessine aussi, une relation très touchante entre le fils-filmeur et le père filmé. Grâce à une juste distance de la caméra, Samuel Bigiaoui signe un film à la fois pudique, fluide et sensible.