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Paul Sanchez est revenu !

2018

France

1h51

de Patricia Mazuy.

avec Laurent Lafitte (Paul Sanchez), Zita Hanrot (Marion), Philippe Girard (Commandant), Idir Chender (Yohann Poulain), Luc PalunAnne-Lise Heimburger (Elsa), Achille Reggiani (Boris), Anthony Paliotti (Gaspard), Julien BarousseNorah Krief (Laetitia)...


Paul Sanchez, criminel disparu depuis dix ans, a été aperçu à la gare des Arcs sur Argens. A la gendarmerie, on n'y croit pas, sauf peut-être la jeune Marion… 


La petite histoire

 Paul Sanchez Est Revenu ! fait indéniablement penser à l'un des faits divers français les plus marquants de ces dernières années : l'Affaire Dupont de Ligonnès, dans laquelle cinq membres d'une même famille (les quatre enfants et la mère) ont été retrouvés assassinés dans leur maison à Nantes en 2011. Le père, qui est immédiatement devenu le principal suspect, n'a jamais été retrouvé. 

Patricia Mazuy n'a toutefois pas cherché à se centrer sur ce fait divers. La cinéaste voit davantage dans le personnage de Paul Sanchez une figure de criminel en cavale et un homme à bout. Ainsi, Paul Sanchez Est Revenu ! est un film sur le fantasme que l'on développe à partir d’un fait divers, la façon dont on s’en abreuve et les répercussions qu’il peut avoir sur nous (notre éventuelle attirance pour lui). Elle confie : 
"À l’image de Marion, la jeune gendarme, qui se rue dessus... Soit, on reste happé et on regarde des « Faites entrer l’accusé » sur YouTube en boucle jusqu’à trois heures du matin, soit on construit sur le vertige que le fait divers nous procure. La fascination pour les faits divers n’est pas nouvelle, mais ce qui est nouveau et actuel, c’est comment on s’y engouffre et s’y perd à travers la multitude des réseaux."

Patricia Mazuy a voulu que Laurent Lafitte soit, dans Paul Sanchez Est Revenu !"beau comme un Cary Grant et aussi naze qu’un troisième rôle d’un film de série B, le gars qui a cru que ça marcherait pour lui et qui s’est caché dans son manteau". Le comédien devait par ailleurs être crédible dans la peau d'un homme en cavale depuis des années. Il a donc fallu le vieillir pour que le spectateur sente sa fatigue et son usure. La cinéaste se rappelle : 
"Laurent avait 25 jours de tournage. Il jouait en même temps à la Comédie-Française. À sept reprises, nous sommes venus le chercher après la représentation, il se couchait à l’arrière d’une voiture à 22h30 place du palais royal pour arriver à 7h du matin au maquillage sur le décor. Il me disait: « Ça servira le rôle » mais c’était quand même limite. Nous tournions l’hiver. À 17h, la nuit tombait. Dès 15h, l’ombre rattrapait les premières anfractuosités du rocher. Nous n’avions, surtout, mesuré ni l’un ni l’autre à quel point c’était dur d’être, comme Sanchez, sans cesse dans la solitude."