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La grève

Stachka

1925

U.R.S.S.

1h22

de Sergueï M. Eisenstein.

avec Alexandre Antonov, Grigori Aleksandrov, Mikhail Gomorov, Maksim Shtraukh, Yudif Glizer, I. Ivanov, Ivan Klyukvin...


Tout semble calme dans l'une des plus grandes usines de la Russie tsariste. Les ouvriers peinent, tandis que la bourgeoisie profite agréablement de la vie. Mais le contremaître de l'usine remarque qu'une émotion cachée est en train de naître chez certains ouvriers. Un vent de révolte souffle sur l'usine. Le contremaître en informe la direction et la Sûreté. Les espions commencent à pénétrer par toutes les fentes de l'usine et de la cité ouvrière. Lorsqu'un travailleur se pend après avoir été faussement accusé de vol, les ouvriers se mettent en grève. Les dirigeants refusant de céder la moindre avancée sociale, l'affrontement devient inévitable...

"Sergueï M. Eisenstein n'a que 26 ans quand il tourne La Grève, son premier long métrage, et ça se sent... On y trouve déjà tout ce qui fera le génie du cinéaste, notamment l'incroyable dynamisme du montage, véritable dialectique révolutionnaire. Mais plus encore que dans Le Cuirassé Potemkine, les audaces visuelles tiennent ici du feu d'artifice : retours en arrière, surimpressions, juxtapositions symboliques, compositions au bord de l'abstraction, ça foisonne ! Plus tard, Dziga Vertov critiquera ces « effets de cirque », mais ceux-ci donnent pourtant au film une incroyable épaisseur, une puissance encore intacte quatre-vingt-cinq ans plus tard. Ils enrichissent le récit, simple manifeste de l'idéologie bol­chevique : une grève est déclenchée dans une usine russe, et sa répression sera sanglante. 

Bien que sans « personnage » au sens classique du terme, La Grève abonde ainsi en péripéties, changements de ton, trouvailles de décor ou de jeu ; surtout, un fort effet de réel naît curieusement de cette approche formelle, tout sauf réaliste. La vague « corvée » culturelle de voir un classique marxiste-léniniste, réalisé par un cinéaste de légende, plus honoré que réellement fréquenté, débouche sur le plaisir de découvrir une oeuvre stupéfiante d'invention et de rythme." Télérama