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Hard Point

Tinta Bruta

2019

Brésil

1h58

de Filipe Matzembacher etMarcio Reolon.

avec Shico Menegat (Pedro), Bruno Fernandes (Leo), Guega Peixoto (Luiza), Sandra Dani (Avó), Frederico Vasques (Beto), Denis Gosh (Igor), Camila Falcão (Paula), Áurea Baptista (Juge), Larissa Sanguiné (Voisin), Zé Adão Barbosa (Sérgio)...

Interdit - 12 ans


Depuis son exclusion de l'université, Pedro vit reclus chez lui à Porto Alegre. Son seul contact avec l’extérieur, il l’a à travers sa webcam lorsqu’il s’exhibe contre de l’argent. Devant son objectif, il sait comment susciter le désir de ses admirateurs par un subtil jeu de lumières et de peintures colorées qu’il étale sur son corps nu. Un jour quand il s’aperçoit qu’un autre jeune homme imite ses performances, il décide de rencontrer son mystérieux rival. Mais ce rendez-vous aura des conséquences imprévisibles...

 Déjà auteurs du subtil Beira-Mar, les jeunes réalisateurs brésiliens Marcio Reolon et Filipe Matzembacher reviennent avec ce film encore plus abouti, où l’on retrouve leur univers musical et sensoriel, témoignant de manière sensible d’un climat de répression sexuelle qui est toujours d’actualité au Brésil. La beauté de ce grand film atmosphérique réside dans la manière dont les auteurs amènent par petites touches le spectateur dans une promenade à l’intérieur de la fine zone entre amitié et amour… Mixant idéalement douceur et puissance, leur mise en scène languide explore avec une infinie délicatesse les états émotionnels complexes des personnages. 


La petite histoire

 Pour les réalisateurs Filipe Matzembacher et Marcio Reolon, l’idée initiale vient d’un sentiment d’abandon. Ils vivent dans une ville de taille moyenne (Porto Alegre). Après leur adolescence, bon nombre de leurs amis sont partis dans des villes plus grandes au Brésil ou même à l’étranger. "Pour ceux qui sont laissés derrière, comme nous, il y a les souvenirs, et l’impression de rester dans une ville abandonnée par tant d’autres. Et le contact virtuel que l’on peut garder avec certaines personnes nous semble insuffisant. C’est notamment cette idée de non-matérialisation et de création d’une identité fictive qui nous a motivé pour certains aspects du personnage principal, Pedro, en particulier la question de la dualité entre le monde matériel et le monde virtuel représenté par « Neon Boy ». Enfin, notre processus d’écriture a été affecté par un turbulent mouvement politique et social, caractérisé par l’affaiblissement de la démocratie brésilienne et la montée en puissance du conservatisme, en plus des vagues de préjugés au Brésil et dans le monde. Cela nous a rempli de colère et de désespoir qui ont imprégné le film. Ces sentiments nous ont guidé pendant l’écriture du script."