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Ray & Liz

2018

Grande-Bretagne

1h48

de Richard Billingham.

avec Ella Smith (Liz), Justin Salinger (Ray), Patrick Romer (Ray âgé), Tony Way (Lol), Sam Gittins (Will), Richard Ashton (Sid), Michelle Bonnard (Zeinab), Sam Dodd (Cahill)...


Banlieue de Birmingham, dans les années 80. Ray, Liz et leurs trois enfants se débrouillent tant bien que mal dans une existence déterminée par des facteurs qu’ils ne maîtrisent pas et surtout dans une incontestable précarité. Partiellement autobiographique, Ray & Liz raconte l’enfance du photographe et cinéaste Richard Billingham, racontée en flash-backs depuis trois époques distinctes dans lesquelles il évoque le quotidien tumultueux de sa famille. 

Le portrait sans concession de cette maison de freaks anglais sous l’ère Thatcher a quelque chose de très grolandais. Le propos est éminemment politique : les Billingham survivent tant bien que mal dans des conditions sociales extrêmes. Totalement en marge de la société, brisant les tabous sociaux, ils se livrent à des rituels étranges, ce qui donne à l’ensemble une dimension totalement amorale et politiquement incorrecte car le film ne juge jamais. Il décrit des personnages à la limite de la caricature. Le réalisateur s’inspire pourtant de ses souvenirs et de photos de son enfance : Ray est alcoolique et Liz, obèse et tatouée, fume comme un pompier. Richard Billingham raconte leur influence sur son frère et sur lui-même, mais le film est quasiment déconnecté de la réalité tant il apparaît absurde et ancré dans une époque révolue. Le résultat est parfois choquant mais empreint d’humour noir : un objet cinématographique fascinant dans lequel nous vous invitons fortement à vous immerger sans retenue, pour une expérience de cinéma singulière et inédite !


La petite histoire

 Richard Billingham explique quel est le lien entre sa série photographique originale « Ray’s a Laugh » et Ray & Liz : "Ces photographies sont une toile de fond. J’avais eu l’idée du film il y a des années lorsque je vivais encore avec Ray. J’imaginais cette situation comme un film. Tout est tiré d’expériences vécues et basé, autant que possible, sur la façon dont je me souviens des choses. Je souhaitais absolument que ça transparaisse dans le film. Le film fait référence à certaines de mes photographies. Même si cela se passe à un moment différent, certains de ces thèmes sont familiers. Tourner ce film était comme remonter dans le temps. L’histoire me trottait dans la tête depuis vingt ans mais je n’avais jamais réussi à la mettre par écrit. Après avoir décidé que je travaillerai sur le format d’un film, j’ai rédigé une première version. J’avais à l’esprit l’histoire de mon oncle. Je l’ai écrite en deux heures, dans un train.Je me suis retrouvé à décrire des gestes, un langage corporel, même la façon dont ils pourraient s’asseoir. C’était très clair pour moi. En l’écrivant, j’avais des regards, des attitudes, des sons déjà définis.