longwayhomeaffiche2

Long Way Home

Night Comes On

2018

Etats-Unis

1h27

de Jordana Spiro.

avec Dominique Fishback (Angel Lamere), Tatum Marilyn Hall (Abby Lamere), Nastashia Fuller (La mère), Max Casella (Mark), Erin Darke (Rita), James McDaniel (Agent de libération conditionnelle), Denisa Juhos (Susan), Victor Cruz (Avocat de la défense), Jeté Laurence (Erica)...


A sa sortie de prison, Angel, 18 ans, retrouve sa jeune sœur Abby dans sa famille d’accueil à Philadelphie. Malgré leur profonde complicité, le drame qui les a séparées a laissé des traces. Avant de tourner la page, Angel sait qu’elle doit se confronter au passé et convainc Abby de l’accompagner dans son périple. Ensemble, elles prennent la route, sans mesurer ce que va provoquer chez elles ce retour aux sources.

Voici un premier film terriblement émouvant, qui commence comme beaucoup d'histoires déjà vues pour bifurquer vers un récit plus complexe, plus sensible : le trajet d'une adolescente en deuil. Cette jeune femme, noire, issue d'un quartier défavorisé n'a jamais eu la moindre chance dans sa vie : d'emblée, on craint l'inévitable cercle vicieux qui voudrait que, sortie de prison, elle ne fasse inconsciemment que le nécessaire pour y retourner... Cette trame s'esquisse mais pour aller autre part : la vengeance en ligne de mire, Angel déploie une énergie et une imagination qui vont lui faire comprendre la puissance des liens qu'elle entretient – notamment avec sa sœur – et la complexité des situations qui la touchent.

Cette première œuvre de cinéma choisit la sobriété pour dresser le portrait gracieux de deux jeunes sœurs à l’humanité magnifique. Prix du jury à Deauville mérité.


La petite histoire

 Après une longue carrière d'actrice, Jordana Spiro a voulu passer à la mise en scène et réalise avec Long Way Home son premier long métrage (elle a auparavant fait trois courts). Elle explique : "Quand j'ai eu 18 ans, j'ai quitté New York où j'ai grandi, pour aller m'installer à Los Angeles. Là, j'ai commencé ma carrière d'actrice. J'avais de la chance de pouvoir vivre de mon métier. Mais après dix ans de carrière, j'ai commencé à déchanter par rapport aux histoires et aux personnages inconsistants qu'on me proposait. En parallèle, je faisais beaucoup de photographie. A ce moment-là, j'ai cherché quel autre métier je pourrais faire. Travailler avec des enfants, devenir psychologue : en somme, tenter de comprendre ce qui se joue à l'intérieur d'une personne. Je suis allée à l'université de Columbia à New York pour suivre un cursus en réalisation. Je voulais vraiment prendre le temps de savoir ce que je voulais raconter et comment le raconter avec les outils les plus appropriés."

A partir du moment où Jordana Spiro a pris la décision parler de la thématique de la criminalité aux Etats-Unis, la cinéaste voulait s'entourer d'une personne connaissant le sujet. Elle raconte : "Dans mon pays, ces minorités sont sous - représentées ou mal représentées. J'ai donc travaillé avec Angelica Nwandu, spécialiste de la culture noire, qui a co-scénarisé le film. Je l'ai rencontrée quand je faisais du bénévolat pour l’association « Peace4Kids ». Elle m'a apporté son expertise sur la manière dont le système carcéral fonctionne. Nous avons fait de nombreux entretiens avec des avocats et leurs jeunes clients mais aussi des travailleurs sociaux. Nous avons visité des prisons pour mineurs et amassé beaucoup de matériel documentaire avec Angelica. Nous avons également regardé des documentaires avec Dominique Fishback pour connaître le monde carcéral."