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The Rider

2018

Etats-Unis

1h44

de Chloé Zhao.


"Dans une réserve indienne des Etats-Unis, une jeune étoile déchue du rodéo tente de survivre. Un drame poignant inspiré d’une histoire vraie.

Chinoise exilée à New York, Chloé Zhao s’est prise d’affection pour les Oglalas, des Sioux de la tribu des Lakotas qui survivent dans la réserve de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud, à la frontière avec le ­Nebraska. Lassée des reportages misérabilistes de la télévision américaine sur leurs conditions de vie, la jeune réalisatrice a, en réaction, opté pour la fiction. Après un poignant premier film initiatique, Les chansons que mes frères m’ont apprises (2015), sur un adolescent sioux qui choisissait de fuir pour se ­sauver, elle revient à Pine Ridge, dans la ­famille d’un jeune dresseur de chevaux, Brady, étoile montante du rodéo, qui, lui, a décidé de rester parmi les siens, coûte que coûte. Un cow-boy à peau rouge, en quelque sorte.

Tous les acteurs, non professionnels, campent des personnages fidè­les à ceux qu’ils sont dans la vraie vie. C’est d’ailleurs le véritable coup de ­sabot d’un mustang sur le crâne de Brady, et ses conséquences familiales et psychologiques, qui a permis à ce wes­tern réaliste d’exister. L’homme souf­fre d’avoir abattu son cheval blessé et de devoir, lui, si fracassé, s’acharner à vivre. Dans des paysages sublimes, toujours filmés à l’aube ou au crépuscule, pour donner des couleurs à des existences qui en manquent cruellement, Chloé Zhao aborde, en creux, des ques­tions aussi cruciales que l’assimilation, la relation homme-animal, la nature et la culture. Ses cow-boys indiens anachroniques, que le monde moderne voudrait contraindre à travailler au ­supermarché, en évoquent bien d’au­tres, dont les fantômes hollywoodiens surgissent dans les plaines et collines du Dakota. Comme le Robert Mitchum des Indomptables, de Nicholas Ray, lui aussi gloire du rodéo blessée, qui ne pouvait se résoudre à abandonner les arçons. Ou le Kevin Costner pro-indien de Danse avec les loups, tourné aussi dans ce paradis perdu. Et la chanson Badlands, de Bruce Springsteen, sur les mêmes territoires sauvages, pourrait encourager Brady à remonter en selle : « Passer sa vie à attendre/Un ­moment qui n’arrive pas/Ne perds plus ton temps à attendre/Mauvaises terres, tu dois y vivre chaque jour. » Télérama




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