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Doubles vies

2018

France

1h48

de Olivier Assayas.

avec Guillaume Canet (Alain), Juliette Binoche (Selena), Vincent Macaigne (Léonard), Christa Théret (Laure), Nora Hamzawi (Valérie), Pascal Greggory (Marc-Antoine), Laurent Poitrenaux (L'auteur, chez Alain), Sigrid Bouaziz (L'éditrice), Lionel Dray (L'éditeur), Antoine Reinartz (Le libraire à Arles)...


Alain dirige une célèbre maison d’édition, où son ami Léonard, écrivain bohème publie ses romans. La femme d’Alain, Séléna, est la star d’une série télé populaire et Valérie, compagne de Leonard, assiste vaillamment un homme politique. Bien qu’ils soient amis de longue date, Alain s’apprête à refuser le nouveau manuscrit de Léonard. Les relations entre les deux couples, plus entrelacées qu’il n’y paraît, vont se compliquer.

Olivier Assayas réussit avec ce film autour du monde de l’édition une expérience sans précédent : avec naturel, sans pause artistique, un film d’idées et de dialogues (réflexion sur la complexité des conséquences de la révolution numérique) devient aussi une comédie magnifiquement incarnée, intelligente et drôle, lucide et pas méchante, sur le monde de l’édition et de la culture de masse, sur les rapports humains, et de couple. Avec ses personnages sympathiques et énervants, totalement autocentrés, ses numéros d’acteurs inspirés et ses répliques assassines pleines d’esprit, il réussit une comédie cynique efficace.


La petite histoire

 Lorsque Olivier Assayas a commencé à écrire le scénario de Doubles vies au milieu des années 2000, il n'avait pas encore conscience qu'il en ferai un long métrage. Le metteur en scène tournait depuis déjà longtemps autour de l’histoire d’un éditeur confronté à la transformation du monde et sa capacité ou pas à s’y adapter. Il se rappelle : 
"J’avais écrit un scénario il y a longtemps, qui s’appelait Voilà l’été, le personnage ressemblait beaucoup à celui qu’interprète Guillaume Canet dans Doubles vies. Mais c’était traité sur un mode romanesque, beaucoup de personnages, d’actions, de déplacements, c’était plutôt un film grave et j’avais été très frustré à l’époque de ne pas arriver à le faire… Entre-temps j’ai réalisé d’autres films, car tout cela remonte au milieu des années 2000. Personne n’en voulait, malgré un très beau casting. Je l’ai donc laissé de côté, mais le désir est resté d’un film autour d’un éditeur contraint de se remettre en question. Après Personal Shopper, j’ai eu envie de reprendre ce scénario, de l’adapter et de le resynchroniser avec mon désir, avec le recul du temps. En réalité, ça m’a plutôt tétanisé qu’autre chose. J’ai donc commencé par tourner en rond, par chercher une manière de pouvoir sauver tel élément, récupérer tel autre… Je noircissais mes carnets de notes, et il n’en sortait aucun désir. J’ai donc tout repris à zéro et commencé à rédiger de manière un peu expérimentale : deux personnages, un éditeur et un écrivain, et ils se parlent… La première scène s’est écrite toute seule !"

Olivier Assayas se rappelle comment Doubles vies est petit à petit devenu une comédie :"Je suis conscient de n’avoir aucune crédibilité en tant qu’auteur de comédie, j’étais donc plutôt mal barré. En même temps, ce n’est pas cher à tourner, tout se passe dans des appartements ou des lieux publics, à Paris, ça pouvait se faire simplement. Aussi j’ai continué à avancer en ne sachant littéralement pas où j’allais. C’est beaucoup plus tard que j’ai commencé à assumer que ça pourrait être une comédie, et, qu’au fond, j’étais presque inconsciemment en train de raconter une histoire, avec un vrai début, un vrai milieu et une vraie fin.Ce que j’essaie de décrire, en réponse à votre première question, c’est cette problématique de l’écriture, dans un film qui interroge aussi ce qu’est l’écriture de cinéma ; ma méthode ne correspond certainement pas à ce qu’on apprend aujourd’hui dans les manuels d’écriture dramaturgique. Mais c’est ce qu’il y a de plus excitant, essayer des trucs, de chercher…"




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