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Les filles du soleil

2018

France

1h51

de Eva Husson.

avec Golshifteh Farahani (Bahar), Emmanuelle Bercot (Mathilde), Evin Ahmad (Berivan), Erol Afsin (Tiresh), Zübeyde Bulut (Lamia), Behi Djanati Atai (Dahlia), Arabi Ghibeh (Homme en noir)...


Bahar commande une unité d’anciennes captives dans une région du nord de l’Irak, lieu de persécution des Yézidis par l’État Islamique. Elle accueille dans ses rangs Mathilde, une journaliste française qui arrive sur le théâtre des opérations au moment où tous ses confrères le quittent. Mathilde a perdu un œil – comme la journaliste britannique Marie Colvin, tuée par l’armée gouvernementale syrienne à Homs en 2012 – et a été évacuée de Syrie sur une moto – comme la journaliste française Edith Bouvier, blessée lors du même bombardement. Leur rencontre est le point de départ du film, à partir duquel l’invasion des extrémistes, le massacre des hommes, l’enlèvement des enfants et l’asservissement des femmes sont relatés en flash-backs. La narration, riche, aborde également le récit de la prise de la ville où Bahar fut capturée par les forces kurdes et celui des actions menées par cette unité féminine...

Après Bang Gang, dans lequel elle abordait les rapports entre adolescents et leur approche de la sexualité, Eva Husson s'attaque avec Les filles du soleià un sujet fort, peu traité à l'écran : le sort des femmes yézidies devenues des combattantes armées suite aux atrocités que leur ont infligées les Jihadistes. Elle raconte leur courage et leur lutte pour la liberté, privilégiant leurs parcours personnels et leurs histoires intimes aux combats qu'elles mènent au quotidien. Avec une tonalité mélodramatique assumée, elle montre un conflit – sans le nommer, mais sa correspondance avec la réalité est évidente – dont la portée est universelle. Elle rend surtout un bel hommage aux femmes, remettant au premier plan leur rôle trop souvent oublié par l'Histoire...


La petite histoire

Eva Husson s'est intéressée à ce projet il y a trois ans, après être tombée sur des récits de femmes captives qui s’étaient échappées et avaient pris les armes. Emerveillée devant ces témoignages, la cinéaste avait expliqué, au micro d'AlloCiné, lors du dernier festival de Cannes (où le film était présenté en compétition) : "Je me suis dit : c’est fou, si en lisant un article d’une demi-page, et en en lisant une quinzaine le même jour comme une espèce de frénésie, ça me provoque ce choc émotionnel, c’est qu’il y a quelque chose de très fort dans la lettre, l’esprit de cette histoire, et que ça vaut le coup d’être relayé.
Husson s'est également rendue compte, petit à petit, que ces récits correspondaient à sa propre histoire, puisque son grand père était soldat républicain et communiste, et son frère anarchiste. Elle raconte : "Il y avait une guerre fratricide qui me fait beaucoup penser à ce qui se passe à l’intérieur de la communauté kurde sur place. La lutte pour un idéal. Ça se déployait en moi, d’une manière extrêmement organique et ça faisait sens."