Thunder Road

2018

Etats-Unis

1h31

de Jim Cummings.

avec Jim Cummings (Jim Arnaud), Kendal Farr (Crystal Arnaud), Nican Robinson (Nate Lewis), Jocelyn DeBoer (Rosalind Arnaud), Chelsea Edmundson (Morgan Arnaud), Macon Blair (Dustin Zahn), Ammie Leonards (Celia Lewis), Bill Wise (le Capitaine), Jordan Ray Fox (officier Young), Frank Mosley (sans-abri)...


« Policier et père parfait, Jimmy est un homme exemplaire. Enfin presque... puisqu'à la mort de sa mère, son monde s'écroule, il perd pied : control freak, névrotique, surdoué, inadapté, ou un peu tout ça à la fois ? Mais Jimmy incarne aussi l'envers de la success story américaine qui, dans une ville un peu étriquée, fait basculer certains dans la folie. La folie de Jimmy, c'est toujours de son point de vue que nous la voyons. La mise en scène et la narration ne traduisent que son regard. C'est un personnage sublime, toujours sur la brèche, magnifique interprétation de Jim Cummings. Entre rire et larmes, raison et folie, ridicule et beauté, James est constamment sur le fil. Jim Cummings accompagne son personnage par une mise en scène extrêmement épurée, comme s'il fallait raconter l'histoire en un minimum de plans. L'essentiel est là, pas plus. Le rythme, lui, surgit de l'intérieur du cadre, parfois avec fulgurance, comme les émotions qui viennent submerger le héros. Mais c'est dans l'art de l'ellipse que le réalisateur est le plus radical. Pour pousser plus loin encore l'expérience, le film s'accorde à restituer une parole hypnotique. Jimmy parle presque sans discontinuer. Il pense à voix haute et s'accroche aux mots, comme s'ils étaient encore ce qui lui permettait de garder un lien avec les autres. Un lien avec ce monde qui délire ». Karim Bensalah, cinéaste


La petite histoire

 Thunder Road trouve son origine dans un court-métrage éponyme produit en 2016 et vainqueur du Grand Prix du Jury au Festival de Sundance cette année-là. Il mettait en scène le monologue d’un flic qui parle à l’enterrement de sa mère et qui se laisse déborder par ses émotions. Le long-métrage s'ouvre sur cette même séquence. 
Jim Cummings, déjà scénariste, réalisateur et interprète du court, a décidé de développer celui-ci en long : "à mesure que je répétais mon texte pour le court-métrage, j’ai pris conscience que ça pourrait marcher sur un long. Il y avait un film là-dedans… Le personnage en tant que tel et l’histoire proprement dite ne sont venus que dans un second temps".

Le film tire son titre d'une chanson de Bruce Springsteen. Pour Jim Cummings, la musique de Springsteen parle des "travailleurs dans des petites villes qui ne s’en sortent pas… Ils n’ont pas un rond, ils conduisent leurs bagnoles, vont chercher leurs copines ; ils galèrent, sans trop savoir quoi faire de leur vie". C'est en fondant en larmes en l'entendant un jour à la radio que le réalisateur a l'idée de l'utiliser dans son film : "Pourtant, je connaissais cette chanson par coeur, y compris les paroles. Je l’avais entendue mille fois, mais je ne l’avais encore jamais captée en tant qu’adulte… Ce jour-là, je l’ai prise de plein fouet, sans m’y attendre". 
Finalement, le morceau n'est même pas utilisé dans le film. Neuf prises ont été faites avec la chanson puis d'autres sans, au cas où l'équipe n'en obtiendrait pas les droits. La performance de la 17e prise fut la meilleure, au point que le réalisateur décida de se passer de la chanson, au grand soulagement de son producteur.