Sofia

2018

France / Qatar / Maroc

1h20

de Meryem Benm’Barek.

avec Maha Alemi (Sofia), Lubna Azabal (Leila), Sarah Perles (Lena), Faouzi Bensaïdi (Faouzi), Hamza Khafif (Omar), Nadia Niazi (Zineb), Rawia (Zohra)...


Tes parents sont anéantis. Tu les as humiliés». Au petit matin, le jugement est sans appel. Pour Sofia, 20 ans, c’est un cauchemar qui a commencé la veille par des maux de ventre lors d’un repas de famille. Étudiante en médecine, sa cousine Lena constate très vite et discrètement l’évidence : Sofia va accoucher. Cachant l’événement aux parents de la jeune femme et à sa mère Leila, Lena prend Sofia sous son aile et grâce à ses relations réussit à la faire admettre à l’hôpital où la naissance se déroule. Hormis les appels et les messages incessants de la famille inquiète à qui il faut mentir, un très gros problème doit être résolu dans les 24 heures : il faut être marié pour ne pas enfreindre la loi. A peine sorties de l’hôpital où elles n’ont pas le droit de rester, les deux filles se lancent (le nouveau-né vagissant dans les bras) dans la nuit et dans le quartier très populaire de Derb Sultan à la recherche d’Omar, que Sofia désigne comme le père et qui est un parfait inconnu pour toute la famille (beaucoup plus aisée) de la jeune femme qui entre bientôt dans la danse car le secret est éventé. Il s’agit maintenant de défendre l’honneur de Sofia, de trouver une solution, un arrangement qui puisse satisfaire toutes les parties et sauver la face socialement. Mais nous ne sommes pas au bout des surprises réservées par le très bon scénario concocté par la réalisatrice… Divisé en trois mouvements assez distincts (...), le film dévoile peu à peu son véritable dessein : dresser un portrait de classes de la société marocaine et de l’hypocrisie ambiante. Une étude finement amenée et mise en scène avec une sobre efficacité." Cineuropa


La petite histoire

 Sofia est un portrait du Maroc d'aujourd’hui. La réalisatrice confie : "Je ne voulais pas faire un film qui parle seulement de la condition de la femme. Celle-ci est toujours montrée comme la victime d’une société patriarcale, or je ne crois pas que l’on puisse parler de la condition féminine sans parler de la société elle-même. La place des femmes se définit en fonction d’un contexte socio-économique : c’est ce que raconte Sofia". 

Sofia "C’est une situation forcément compliquée car la mère comme le père sont susceptibles d’être poursuivis par la justice et d’écoper d’une peine de prison. Du coup, le mariage est la seule issue possible. Mon histoire est née tout naturellement en me demandant comment un drame comme celui-ci pouvait être le révélateur du fonctionnement d’une société dans tous ses aspects". 

 "Lena et Sofia n’ont pas le même point de vue sur cette histoire. Sofia est finalement plus consciente que Lena des enjeux sociaux et économiques liés à sa grossesse et à son mariage. Lena voit Sofia comme une victime alors que Sofia refuse d’être cette victime".