Vierges

Ein batulot bekraiot

2018

France / Israël / Belgique

1h30

de Keren Ben Rafael.

avec Joy Rieger (Lana), Evgenia Dodina (Irena), Michael Aloni (journaliste), Manuel Elkaslassy (Tamar)...


"C’est dans ce cadre assez déprimant et sans grand espoir d’avenir que se morfond notre jeune et énergique héroïne, une fille qui n’a pas froid aux yeux et qui rêve de se faire la malle à Tel Aviv, pour sortir de sa routine composée de ses copains garçons du coin et de sa mère Irina, une femme célibataire d’origine russe qui tient un bar dépeuplé au bout de la plage.

Mais, comme dans un western, un (bel) étranger va bouleverser le tableau : l’écrivain, poète et journaliste Chip. Après une première rencontre rocambolesque, Lana l’accompagne pour lui traduire le récit d’un pêcheur ne parlant que le russe et, pour s’amuser, elle invente une histoire d’apparition de sirène (un mythe présent dans la mémoire collective de la localité). Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que Chip en fasse en article publié dans Haaretz qui déclenche une vague médiatique alimenté par un maire rêvant de relancer l’économie de la ville et promettant un million de dollars à tout témoin du phénomène, ce qui draine à Kiryat Yam une foule de curieux et d’estivants. Une supercherie au milieu de laquelle Lana et le trentenaire séducteur et désabusé Chip se tournent autour…

A partir des ressorts classiques du passage à l’âge adulte (le rapport de Lana avec sa mère et sa petite cousine, ses rêves d’ailleurs et son attirance agitée pour Chip, etc.), Keren Ben Rafael extrait un film tendre, riche en petites trouvailles et non dénué d’humour, sur le sujet de l’innocence, de cette part irrationnelle d’enfance que le désir de grandir et de s’incarner ne doit cependant pas oblitérer. Tirant parti des ressources de son décor naturel et du charisme de son interprète principale, la réalisatrice réussit aisément son passage au long, sans tenter le coup de force, mais en misant sur la douceur, l’empathie et un charme qui infuse progressivement." Cineuropa