Roulez jeunesse

2018

France

1h24

de Julien Guetta.

avec Eric Judor (Alex Dagostino), Laure Calamy (Nelly), Brigitte Roüan (Antoinette Dagostino), Ilan Debrabant (Kurt Dalmerac), Louise Labeque (Tina Dalmerac), Déborah Lukumuena (Lou), Madeleine Baudot (Kevin), Philippe Duquesne (Léo), Bellamine Abdelmalek (Farid), Maxence Tual (Boulon)...


Alex, 43 ans, est dépanneur automobile dans le garage que dirige d'une main de fer sa mère. Un jour, il dépanne une jeune femme et passe la nuit chez elle, mais au petit matin elle a disparu lui laissant sur les bras trois enfants...


La petite histoire

 Si Alex, le personnage principal de Roulez jeunesse, vit encore chez sa mère à 43 ans, Julien Guetta n'a pas pour autant cherché à en faire quelqu'un qui ne s’assume pas, à la manière d'un Tanguy. Le cinéaste, qui réalise pour l'occasion son premier long métrage, ne voulait pas inscrire son film dans la lignée des comédies sur les adulescents et s'est davantage inspiré de films comme Cinq Pièces faciles emmené par Jack Nicholson. Il raconte : 
"Alex n’est pas un handicapé de service, il est indépendant, comme il le dit, il vit « à côté de chez sa mère, pas chez sa mère ». C’est un type qui roule toute la journée, seul, il ne se prend pas la tête avec les filles... Et c’est l’aventure qu’il va vivre en se retrouvant avec trois jeunes enfants qui va l’amener à changer. Doucement le film glisse vers quelque chose de plus dramatique. J’ai toujours en tête ce personnage que l’on retrouve souvent en littérature ou au cinéma : un mercenaire, un solitaire individualiste qui en se frottant à l’altérité va décider de servir la cause d’un autre, le secourir et devenir « chevalier »."

Côté références, Julien Guetta avait en tête Ken Loach, notamment pour sa capacité de passer de la comédie au drame, mais aussi Martin Scorsese pour sa faculté à entraîner le spectateur vers quelque chose de flamboyant et Steven Spielberg pour la façon dont il dirige les enfants.

Alex selon Judor : "Alex, c’est moi à 27 ans. J’avais le même rapport avec mes parents que celui qu’il a avec sa mère ; je travaillais juste assez pour pouvoir me payer des super vacances et le reste du temps, je vivais chez eux comme à l’hôtel. Je ne m’en faisais pas. Jusqu’à ce qu’un événement vienne changer net ma vision… Et c’est exactement ce qui se passe pour lui. Sa rencontre avec les enfants l’oblige à devenir responsable. Ils sont plus matures que lui : ça finit par le secouer, il comprend qu’il a un sacré retard à rattraper." 

C’est la première fois qu'Eric Judor interprète un personnage que les événements affectent. Que ce soit dans ses films ou dans Platane, la série qu'il réalise sur Canal+, le comédien a toujours joué des personnages en dehors des choses. Il explique : "Avec Alex, c’était différent : je ne me suis jamais livré comme ça sur un plateau, je me suis complètement ouvert et, d’une certaine façon, c’était horrible. Pour la scène dramatique de fin avec les enfants, j’étais effondré. C’était un moment vraiment affreux, j’ai pleuré toute la journée et mis vingt-quatre heures à m’en remettre. Je ne sais pas comment font les autres acteurs. Moi, j’ai vraiment vécu le truc."