Une année polaire

2018

France

1h34

de Samuel Collardey.

avec Anders Hvidegaard, Asser Boassen, Thomasine Jonathansen...


Pour son premier poste d’instituteur, Anders choisit l’aventure et les grands espaces: il part enseigner au Groenland, à Tiniteqilaaq, un hameau inuit de 80 habitants. Dans ce village isolé du reste du monde, la vie est rude, plus rude que ce qu’Anders imaginait. Pour s’intégrer, loin des repères de son Danemark natal, il va devoir apprendre à connaître cette communauté et ses coutumes. Depuis ses débuts avec L'apprenti (vainqueur à la Semaine de la Critique à Venise en 2008), Samuel Collardey a toujours fait la démonstration d’un style très personnel empreint de délicatesse et néanmoins solidement ancré dans le réel, à la frontière du documentaire et de la fiction. Cette approche, qui lui avait valu une autre distinction à la Mostra (un prix d'interprétation en 2015, dans la section Orizzonti, pour Tempête), est de nouveau à l’oeuvre dans ce quatrième long métrage. L’une des grandes qualités de Samuel Collardey est sans conteste son art de ne jamais en faire trop, de savoir couper les séquences au tempo idéal, d’injecter de l’humour ou de la gravité quand il le faut pour développer un récit très bien structuré. Le choix des six personnages principaux se révèle également très pertinent, le cinéaste les filmant tous avec une grande tendresse témoignant d’une proximité remarquable avec son sujet et d’un talent indéniable à en atteindre le coeur. Samuel Collardey signe un film très maîtrisé, à la fois humble et spectaculaire.


La petite histoire

 C'est une suite de réflexions menées avec son producteur (Grégoire Debailly) qui ont amené Samuel Collardey a réaliser un film se situant au Groenland. Tous les deux avaient envie de revenir à l'esprit de ses premiers courts-métrages et de L'Apprenti : des films très documentaires, qui se passent en milieu rural, au sein de communautés isolées, proches de la nature. Le metteur en scène se rappelle : 
"Il se trouve que Catherine Paillé, ma coscénariste, est une "fondue" du Groenland et qu'un ami ingénieur du son, rencontré à la Fémis, en revenait, après y avoir fait un reportage. Les deux m'en ont parlé. Je ne connaissais ni le pays, ni la culture inuite. Nous avons décidé, Grégoire et moi, de faire un premier voyage, en avril 2015 : nous venions de finir Tempête, qui n'était pas encore sorti. Nous avons d'abord contacté Nicolas Dubreuil, qui est un peu "le" spécialiste français du Groenland. Il était lui-même engagé sur la fabrication de Voyage au Groenland, de Sébastien Betbeder. Il nous a conseillé d'aller visiter la côte Est, plus accessible, mais moins peuplée, plus sauvage. Et plus précisément, le village de Tiniteqilaaq. Nous avons d'abord eu du mal à rentrer en contact avec les gens, ce n'est qu'à la fin du voyage que nous avons rencontré Julius, qui, dans le film, est l'employé municipal chargé d'accueillir Anders. Au deuxième voyage, nous avons passé trois semaines ensemble, en visitant les autres villages de la zone. Mais nous avons choisi de tourner le film à Tiniteqilaaq et nous y sommes retournés à deux reprises, pour essayer de comprendre le pays et ses habitants, d'y trouver une histoire, en prise avec le réel."