Retour à Bollène

2017

France / Maroc

1h07

de Saïd Hamich.

avec Anas El BazKate Colebrook, Saïd BenchnafaBénédicte-Lala Ernoult...


Nassim, 30 ans, vit à Abu Dhabi avec sa fiancée américaine. Après plusieurs années d’absence, il revient avec elle à Bollène, dans le Sud-Est de la France, où il a grandi. Nassim doit alors faire face à son passé, à sa ville sinistrée, désormais gouvernée par la Ligue du Sud, à sa famille avec laquelle il entretient des relations complexes et à ce père à qui il n’adresse plus la parole...

S’il traite avec finesse de l’ambivalence des rapports familiaux, s’il radiographie, au passage, une France rance et xénophobe, le film de Saïd Hamich touche aussi par son propos universel. Nous avons tous une double culture : celle de nos origines et celle que nous nous créons. En seulement 67 minutes et sans que l’on s’en aperçoive tout de suite, le film concentre ainsi une multitude de questions et beaucoup de mouvement. En alternant les gros plans sur les visages et le défilement des paysages, Hamich entrelace subtilement l’intime et le social et fait de ce beau film épuré un creuset de réflexion autant qu’un moment d’émotion.


La petite histoire

 Retour à Bollène est le premier long‑métrage de Saïd Hamich, qui est surtout connu pour son parcours de producteur et producteur exécutif (Much LovedNi le ciel ni la terreHopeVent du Nord, etc.). Le metteur en scène explique : "Retour à Bollène ne s’inscrit pas dans la continuité de cette casquette-là. La production est une fin en soi car j’aime ce métier. Ce qu’on y apprend, c’est d’avoir une vision du cinéma dans son ensemble, une capacité à maîtriser ses différentes étapes. Je trouve passionnant de pouvoir être présent des origines d’un projet jusqu’à sa distribution en salles. Je dispose d’une petite structure de production (Barney Production) et cette configuration nous pousse, mon équipe et moi, à occuper plusieurs postes, notamment artistiques. En France, une large majorité de producteurs a un rôle d’artiste et d’artisan. J’ai mis en scène Retour à Bollène en dehors de toutes considérations de production. Je n’ai même pas pris le temps de le financer. Je l’ai fait très rapidement, en trois semaines, sans moyens, avec un risque économique. A la base, ce n’est pas comme ça qu’on produit un film !"