The Third Murder

Sandome no Satsujin

2017

Japon

2h05

de Hirokazu Kore-eda.

avec Masaharu Fukuyama (Shigemori), Koji Yakusho (Misumi), Suzu Hirose (Sakie), Shinnosuke Mitsushima (Kawashima Akira), Mikako Ichikawa (Sasabara Itsuki), Izumi Matsuoka (Hattori Akiko), Isao Hashizume (Shigemori Akihisa), Hajime Inoue (Ono Minoru), Aju Makita (Shigemori Yuka), Yuki Saitô (Yamanaka Mitsue)...


Le grand avocat Shigemori est chargé de défendre Misumi, accusé de vol et d’assassinat. Ce dernier a déjà purgé une peine de prison pour meurtre 30 ans auparavant. Les chances pour Shigemori de gagner ce procès semblent minces, d’autant que Misumi a avoué son crime, malgré la peine de mort qui l’attend s’il est condamné. Pourtant, au fil de l’enquête et des témoignages, Shigemori commence à douter de la culpabilité de son client.

De Still Walking à Notre petite soeur, Kore-eda s’est imposé comme un orfèvre ès-drames familiaux. Il signe ici une œuvre fascinante, un thriller qui, plutôt que de tendre vers la résolution, semble devoir toujours gagner en opacité mais aussi en ampleur. Plus qu’à l’intrigue policière, Kore-eda s’intéresse aux notions de vérité et de justice et balade le spectateur, subjugué, au gré d’une mise en scène somptueuse.


La petite histoire

 Avec The Third Murder, Hirokazu Kore-eda voulait tout d'abord dépeindre avec précision le travail d'un avocat. "Lorsque j'en ai parlé avec certains d'entre eux, ou avec le responsable juridique de Tel père, tel fils, tous m'ont affirmé qu'un tribunal n'était pas le lieu où se détermine la vérité, que personne ne pouvait la connaître. J'ai trouvé ça intéressant et me suis dit que, si tel était le cas, j'aurais envie de faire un drame judiciaire dans lequel la vérité ne serait pas révélée."

Une véritable tension se dégage des scènes d’interrogatoire entre l’avocat (Masaharu Fukuyama) et le meurtrier (Kôji Yakusho). Hirokazu Kore-eda revient sur sa manière d'aborder ces séquences : "On a fait plusieurs lectures du scénario avec Fukuyama et Yakusho, avant le tournage. Et la scène du parloir était vraiment formidable. Au départ, je voulais éviter tant que possible les scènes de parloir, du fait de leur caractère statique. Dans les drames familiaux que j'ai réalisés auparavant, ma réflexion se portait sur la manière de déplacer les personnages dans l'espace. Ici, le parloir, séparé en deux par une vitre, ne présentait guère que des gens assis. Mais lorsque j'ai vu interagir les deux acteurs, j'ai eu le sentiment que cette scène pourrait être très forte. J'ai donc ajouté des scènes de parloir. C'est après avoir vu les comédiens à l'oeuvre que j'ai su comment s'articulerait le film."

Hirokazu Kore-eda révèle ses influences pour la mise en scène de The Third Murder : "J’avais en tête l’image des films policiers américains des années 50. J’ai d’abord demandé à Takimoto Mikiya (directeur de la photographie) de visionner Le Roman de Mildred Pierce (1945), de Michael Curtiz. On a discuté de différents films dans lesquels le CinemaScope avait été bien utilisé, tels que Seven (1995), de David Fincher, quelques-uns des films de Paul Thomas Anderson ou Entre le ciel et l'enfer (1963), d’Akira Kurosawa. Nous avons réfléchi à comment saisir les choses en CinemaScope sans jamais rien perdre en tension."