L'île aux chiens

Isle Of Dogs

2017

Etats-Unis / Allemagne

1h41

de Wes Anderson.


En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville, envoyés sur une île qui devient alors l’Ile aux Chiens. Le jeune Atari, 12 ans, vole un avion et se rend sur l’île pour rechercher son fidèle compagnon, Spots. Aidé par une bande de cinq chiens intrépides et attachants, il découvre une conspiration qui menace la ville....

Dès ses premiers plans, L'île aux chiens est beau à tomber. Les textures, les couleurs, le design des maquettes : tout est absolument adorable, favorable à la rêverie et rendu immédiatement vivant grâce aux mouvements de caméra du réalisateur. Certes, comme on l'a dit, on est ailleurs, au Japon, parfois dans un imaginaire bricoleur à la Michel Gondry, pourtant on est avant tout dans le pur univers de Wes Anderson. Avec une inventivité permanente et son mood particulier, le film est à contre-courant de tout un flot d'animation industrielle qui ne sait pas prendre son temps et qui ne connaît au mieux que la précipitation, au pire que l'hystérie pour donner l'impression qu'il se passe quelque chose à l'écran. Wes Anderson y parvient ici à son propre rythme, propice à la fois à un tout-fantaisiste et un tout-poétique... mais qui laisse suffisamment de place à une évidente allégorie politique. C'était déjà une dimension abordée dans The grand Budapest hotel, élégante comédie sur un monde prêt à basculer dans la barbarie. C'est encore plus direct ici, la belle surprise d'un film que l'on pourrait penser destiné à un public plus jeune – mais c'est aussi une preuve de la haute estime que le réalisateur, très généreux, a de ses spectateurs. Film d'anticipation et d'aventures aux ramifications politiques, L'île aux chiens est un plaidoyer égalitariste plein de mordant et un manifeste antispéciste véhément : à tous les niveaux, un véritable festin.


La petite histoire

ATTENTION, CE FILM EST DIFFUSÉ EN DEUX VERSIONS DIFFÉRENTES

Deux versions que l'on peut qualifier de « versions originales », si ce n'est que l'une est en anglais et l'autre en français. En effet, grand francophile, Wes Anderson a tenu lui-même à ce qu'un doublage de son film soit réalisé en français. Il en a lui-même supervisé le casting (et quel casting !) et y a apporté le même soin qu'à la version anglaise.

Nous avons donc tenu à vous proposer le film dans ses deux versions :

Lorsqu'il est précisé (VOST) dans les grilles horaires que c'est la version en anglais (bien évidemment sous-titrée) qui vous est proposée avec les voix – excusez du peu – d'Edward Norton, Bill Murray, Bob Balaban, Jeff Goldblum, Bryan Cranston, Scarlett Johansson, Tilda Swinton, Greta Gerwig, Frances McDormand...

Lorsqu'il est précisé (VF) dans les grilles horaires, vous verrez le film dans sa version originale en français et pourrez profiter des voix de Vincent Lindon, Romain Duris, Hippolyte Girardot, Mathieu Amalric, Louis Garrel, Isabelle Huppert, Léa Seydoux...

Attention ! Dans les deux cas, les personnages japonais – à peu près tous les humains du film – parlent dans leur langue natale sous-titrée en français.