Corps étranger

2016

France / Tunisie

1h32

de Raja Amari.

avec Hiam Abbass (Madame Bertaud), Sara Hanachi (Samia), Salim Kechiouche (Imed), Marc Brunet (Jacques), Majd Mastoura...


À son arrivée en France, Samia est hébergée chez Imed, un ami de son frère. Alors qu’elle cherche à trouver son indépendance et sa liberté, elle rencontre Madame Bertaud, une femme aisée récemment veuve qui l’embauche pour faire un peu d’ordre dans ses affaires. L’une envers l’autre, les deux femmes vont trouver le soutien qui leur manquait et se rapprocher. Cette relation ambigüe va troubler Imed, déchiré entre son orthodoxie religieuse et son désir de liberté...


La petite histoire

 Corps étranger mélange à la fois l’universel (la condition des immigrés) et l’intime (la naissance et la circulation du désir chez les êtres humains). Raja Amari souhaitait depuis longtemps faire un film sur l’immigration. La réalisatrice se rappelle :
"Il y a longtemps que je souhaitais faire un film sur l’immigration. Je voulais un scénario fort, qui sorte des sentiers battus. J’ai réalisé que, sous peine de misère durable et d’asphyxie, quelqu’un qui émigre est tenu de se lancer à la conquête géographique et sociale du pays où il s’installe. J’ai alors eu l’idée de mettre au centre de mon film un clandestin placé, comme ses semblables, dans cette situation d’être contraint à une « implantation » territoriale (obtention de papiers, quête d’un travail, recherche d’amis, etc..), mais qui, parallèlement, choisirait en toute liberté d’aller à la découverte d’autres contrées jusque-là inconnues de lui, qui sont celles de la sensualité, des désirs et des pulsions sexuelles. Après des années de maturation, le personnage de Samia s’est imposé. Je lui ai créé un passé trouble - un frère islamiste qu’elle a fui après l’avoir dénoncé et dont elle a toujours une peur plus ou moins diffuse - et je l’ai entourée de deux autres personnages."