Cas de conscience

Bedoune Tarikh, Bedoune Emza

2017

Iran

1h44

de Vahid Jalilvand.

avec Navid Mohammadzadeh (Moosa), Amir Aghaei (Kaveh Nariman), Zakieh BehbahaniSaeed DakhAlireza OstadiHediyeh Tehrani...


Un soir, seul au volant, le docteur Nariman tente d’éviter un chauffard et renverse une famille en scooter. Il les dédommage pour les dégâts matériels et insiste pour qu’Amir, leur enfant de 8 ans légèrement blessé, soit conduit à l’hôpital.
Deux jours plus tard, à l’institut médico-légal où il travaille, Nariman s’étonne de revoir la famille, venue veiller le corps sans vie d’Amir. Le rapport d’autopsie conclut à une intoxication alimentaire. Mais Nariman a du mal à accepter cette version officielle qui pourtant l’innocente.

Après le récent Un homme intègreCas de conscience est une nouvelle preuve de la vitalité du cinéma iranien. Un cinéma qui n'hésite pas, au travers d'histoires complexes savamment écrites, à aborder des questions universelles et à ausculter les contradictions d'une société prise dans l'étau de la religion et de la corruption. Dans Cas de conscience, il est certes question de culpabilité et de responsabilité, mais le film dépeint également avec beaucoup de réalisme un contexte social terriblement inégalitaire. À partir d'un accident a priori bénin, Vahid Jalilvand construit un thriller moral palpitant.


La petite histoire

 Lorsque le réalisateur Vahid Jalilvand et son co-scénariste Ali Zarnegar ont commencé à travaillé sur le film, ils partageaient leur temps entre l’hôpital et le cimetière. Le premier se souvient : "Un jour nous parlions avec un docteur, un autre jour avec un fossoyeur, on les a observés dans leur travail, on passait du temps avec eux. Mais nous ne savions toujours pas ce que nous allions raconter, on voulait simplement retranscrire ce sentiment de souffrance. Il nous a fallu 16 mois avant de finaliser l’histoire du film."

Vahid Jalilvand explique à ce sujet : "Les fautes commises par les individus sont des sous-produits de l’insécurité. Ce sont la conséquence de circonstances particulières, de privations émotionnelles, de rejet de la communauté... Des conditions familiales défavorables, des négligences parentales et le manque de confiance en soi, vont conduire l’enfant dans un univers violent où aucun droit ni aucune règle ne pourront l’arrêter. Une société basée sur des obligations et des interdictions, et non sur la conscience et la dignité, se cache derrière ses règles dans les moments critiques. Les lois sont inefficaces et même dangereuses si la dignité humaine n’y est pas respectée."