La forme de l'eau

The Shape of Water

2017

Etats-Unis

2h03

de Guillermo del Toro.

avec Sally Hawkins (Elisa Esposito), Michael Shannon (Richard Strickland), Richard Jenkins (Giles), Octavia Spencer (Zelda Fuller), Michael Stuhlbarg (Dr. Robert Hoffstetler), Doug Jones (Amphibian Man), David Hewlett (Fleming), Nick Searcy (General Hoyt), Stewart Arnott (Bernard), Nigel Bennett (Mihalkov)...


États-Unis, début des années 60, au beau milieu de la Guerre froide. Modeste employée d’un laboratoire ultrasecret, Elisa est une jeune femme muette et rêveuse. Un jour, par l’embrasure d’une porte blindée, elle observe l’agitation des militaires autour d’une étrange créature. Fascinée, Elisa entame petit à petit avec elle un dialogue fait de musiques et de repas à partager. Mais l’officier Strickland veut disséquer la bête pour l’étudier tandis que les Russes désirent s’en emparer… Véritable fable onirique, hommage au cinéma des studios hollywoodiens des années cinquante, La forme de l’eau nous transporte dans son univers singulier où les outsiders sont héroïques, les méchants, démoniaques, et les amours, enchanteurs. C’est un pur film de Guillermo del Toro (affection pour les monstres et les mécaniques désuètes) tout en s’aventurant sur des terres inattendues. La Forme de l’eau est une ode au plaisir, à la jouissance, à la désobéissance, autant qu’une satire corrosive de l’Amérique des fifties. La mise en scène parvient à créer une intensité émotionnelle à l’état pur grâce à l’alchimie entre les deux personnages principaux. Face à Doug Jones, qui a déjà interprété presque toutes les créatures du bestiaire de del Toro (notamment dans Le Labyrinthe de Pan), Sally Hawkins fait preuve d’un charme magnétique irrésistible. Son personnage prend racine entre le burlesque de Charlie Chaplin et la féérie d’Amélie Poulain. Cette romance fantastique est portée par une mise en scène somptueuse, une photo magnifique et la partition magique du grand Alexandre Desplat.


La petite histoire

 La Forme de l'eau est un hommage à L'Étrange créature du lac noir de Jack Arnold. Par ailleurs, la grande fenêtre que l'on voit dans l'appartement d'Elisa est directement inspirée d'un élément de décor des Chaussons Rouges de Michael Powell et Emeric Pressburger, l'un des films favoris de Guillermo del Toro. 

Guillermo del Toro revient sur la signification du titre : "L’eau prend la forme de son contenant, mais malgré son apparente inertie, il s’agit de la force la plus puissante et la plus malléable de l’univers. N’est-ce pas également le cas de l’amour ? Car quelle que soit la forme que prend l’objet de notre flamme – homme, femme ou créature –, l’amour s’y adapte."